Ai Edogawa Chapitre 1 : L'Accord

Ai Edogawa - Chapitre 1

« Ah, merde ! », cria Conan.
Haibara leva ses de son ordinateur, écarquillés, avant de reprendre son habituel masque ennuyé. « Ravi de te revoir. », dit-elle, en roulant des yeux. Elle continua à écrire.
« Qu'y a-t-il ? », demanda le professeur.
« Ayumi m'a spammé pendant toute la semaine, je n'en peux juste plus », répondit Conan dans un gémissement.

C'était vrai.

Elle était avec lui toute la journée et l'emmenait dans des endroits où il n'avait pas envie d'être, et lui criait dessus lorsqu'il regardait, parlait ou respirait dans la même direction qu'une autre fille. Il avait patiemment fait beaucoup de choses pour elle, comme l'aider à faire ses devoirs... même si il l'avait soupçonnée de juste vouloir passer du temps en plus avec lui, étant donné qu'elle avait soudainement oublié comment additionner, soustraire, diviser et « moultiplier ».
Haibara haussa un sourcil.
 Quelque chose que même Kudô ne pouvait pas supporter. Ce devait être sérieux. Conan était une des personnes les plus patientes qu'elle connaissait, et si lui ne pouvait pas la supporter, personne ne pouvait la supporter.

Elle s'arrêta d'écrire quelques secondes, avant de recommencer, son sourire habituel de retour sur son visage. Conan s'allongea sur le divan pendant un moment afin de se calmer. Puis il ouvrit les yeux. Il avait pensé à quelque chose, mais il n'arrivait pas exactement bien à le comprendre.
 Cela ne lui arrivait pas souvent ; il avait généralement des flashs dans son esprit et tout devenait clair comme de l'eau de roche. Mais cette fois-ci, c'était une simple étincelle d'idée, et il devrait procéder lentement et discrètement.
Il se leva, et massa son menton en réfléchissant. Tellement perdu dans ses pensées, il ne remarqua même pas le professeur qui le regardait avec un sourcil haussé, et qui lui faisait signe avec sa main. Même Haibara fit tourner sa chaise à roulettes pour le regarder.

A quoi Kudô pensait-il, encore ? C'est ce qu'elle se demanda, amusée. Il arrivait toujours à la choquer ou à la surprendre, que ce soit en bien ou pas. Son esprit était vif comme l'écrire, et elle se demanda s'il réussirait à ne plus l'étonner un jour. Il sourit.

Puis il fronça des sourcils.
Puis il mordit sa lèvre.
Puis il soupira.

Elle sourit, amusée par toutes les expressions faciles qu'il avait eu en quelques secondes, et retourna à son travail. Le cerveau de Conan travaillait à cent à l'heure. Puis il sourit. Le célèbre sourire du grand détective. Il leva les yeux vers Haibara, qui écrivait sur son ordinateur.

« Hé, Haibara », dit-il pour l'appeler.
Elle se retourna, sourcil haussé.
'Epate-moi', se dit-elle, souriant intérieurement, 'Kudô-kun'.
« J'ai besoin de ton aide », dit-il. « Vraiment. »
« Quoi, c'est tout ? », dit-elle en roulant des yeux.
Il ne répondit pas, ce qui la surprit, et lui fit comprendre que ça allait être assez mauvais.
« Qu'est-ce que tu veux ? », elle demanda.
Il sourit.


/// Ai Edogawa ///


Ayumi sautillait sur son matelas, prête à appeler Conan. Son téléphone était dans sa main. Elle avait huit ans lorsqu'elle était tombée amoureuse de lui, et ils avaient désormais douze ans. Elle savait qu'elle avait tout à fait le droit de s'autoproclamer sa petite-amie. Alors oui, il n'avait pas du tout l'air amoureux d'elle, mais elle était persuadée qu'il était simplement un garçon timide de nature, et qu'il ne savait pas comment montrer son amour de façon ouverte.
Aucune fille n'avait la chance de lui parler lorsqu'elle était là, à part sa meilleure amie, Haibara. Elle sourit de manière effrontée et regarda la photo sur son mur. Puis elle fronça les sourcils. Il était très beau et charmant, et il était à elle.

Elle tapa sur numéro sur son téléphone, toute excitée.

/// Ai Edogawa ///

« Ta PETITE-AMIE ? »
Le visage d'Haibara changea d'une phase de choc, à de l'amusement, à un autre visage sans expression. 'Tu as encore réussi, Kudô-kun', se dit-elle, amusée.
« Je ne pense pas, non », répondit-elle assez froidement. « Je connais des gens, et ai une réputation à tenir. »
Le professeur rit.

« Enfin, Haibara ! », la supplia-t-il. « S'il te plaît. Tu n'as qu'à faire semblant d'être ma petite-amie jusqu'à la fin de l'année, et c'est à peine dans quatre semaines. Ayumi m'aura lâchée d'ici-là, et tu pourras arrêter de faire semblant. C'est simple, très simple, pour une actrice aussi talentueuse que toi ! »
« Oublie. Trouve-toi une autre fille ».
« Je n'ai PAS d'autre fille. », dit Conan, non sans hésitation.
 Son téléphone sonna soudainement, et un éclair traversa le ciel. Il aurait ri si la situation n'avait pas été si terrible.
« Je suis sûre que c'est elle, à l'instant », dit Haibara, taquine.
« Haibara ! », répondit-il, énervé.
« Oui, Kudô ? », répliqua-t-elle en feignant l'innocence.

Le professeur avait sa tête de plus en plus enfoncée dans le divan, des coussins sur sa tête, en train de trembler tellement il riait fortement.
« S'il te plaît », dit-il.
Le téléphone s'arrêta de sonner.
« Tu vois ? », dit-elle, en souriant. « Elle a raccroché. »
« Elle n'arrête jamais jusqu'à ce que je réponde », répondit-il en mordant sa lèvre jusqu'à en avoir des larmes. Le téléphone recommença à sonner, et il laissa s'échapper un soupir de désespoir.
« Je te l'avais bien dit ! Haibara, s'il te plaît. »
« Va en Enfer d'abord », dit-elle en retournant à son ordinateur.
« Après que tu aies promis de faire semblant d'être ma petite-amie. »
Elle écarquilla les yeux.
« Tu es sérieux à propos de ça. »
« Je le suis ! », dit-il en faisant la moue.

Le téléphone continua de sonner.
Elle eut l'air de réfléchir un moment, avant de sourire.

« D'accord, mais il faut que tu fasses quelques choses pour moi », elle dit.
« Quoi ? », demanda-t-il impatiemment.
« De un », dit-elle, « tu me dois une robe ».
« Oui. », répondit-il desespéré.
« Une belle robe ».
« Oui. »
« Une robe chère. »
« OUI. », répliqua-t-il, s'attendant au pire.
Elle sourit.

« Et tu dois répéter ce qui va suivre. »
« Elle continue d'appeler, Haibara ! », il cria en pointant du doigt le téléphone.
« Elle continuera d'appeler, tu te souviens ? », répondit-il du tac au tac.

Il mordilla sa lèvre inférieure.
« Shiho Miyano est la meilleure », dit-elle en regardant l'écran de son ordinateur.
« Shiho Miyano est la meilleure », répéta-t-il en roulant des yeux.
« La meilleure en tous points »
« La meilleure en tous points », il répéta.
 Voyez-vous, Ai Haibara, ou plutôt Shiho Miyano, était une personne qui aimait abuser de son autorité, et elle le faisait très bien.

« Shinichi Kudô est un imbécile qui n'a aucune expérience en baisers, qui s'enferme dans une pièce du matin jusqu'au soir en espérant avoir des affaires de personnes qui finiront mortes ou gays. Il a aussi quelques rares amis qui eux aussi s'enferment avec des livres de détective et leur grosse tête. »
Conan l'aurait étranglée s'il n'y avait eût aucune conséquence à cela.
Il regarda le téléphone.
Il soupira.

« Shinichi Kudô est un imbécile qui n'a aucune expérience en baisers, qui s'enferme dans une pièce du matin jusqu'au soir en espérant avoir des affaires de personnes qui finiront mortes ou gays. Il a aussi quelques rares amis qui eux aussi s'enferment avec des livres de détective et leur grosse tête. »

Elle sourit.
« Bravo. Tu as une mémoire fantastique. » 
« Et TU as une cruauté fantastique ! », il répondit comme s'il crachait du venin.
Elle lui sourit avant de regarder son téléphone.
« Prends-en de la graine », elle lui dit, en lui faisant un clin d'oeil.

Il lui jeta un regard noir avant de décrocher.
« Allô ? », dit-il d'un air fatigué.
« Salut mon chéri~ », dit Ayumi en rougissant. « Tu savais que c'était moi ? »
« Oui », répondit-il faiblement.
 Il écarquilla les yeux en voyant Haibara s'avancer vers lui, un sourire sur le visage. Elle lui prit son téléphone de sa main, et le souleva de quelque centimètres au dessus de ses oreilles. Elle avait son noeud-papillon modulateur de voix dans la main, et un large sourire sur le visage. Il sursauta.

Elle n'allait pas.... allait-elle... ?

« Co-chan~ », dit-elle dans une voix si douce que le professeur en fut choqué. « Qui est-ce ? »
« Co-chan ? », fit la voix d'Ayumi dans le combiné. « Je croyais que j'étais la seule à pouvoir t'appeler comme ça ! Qu'est-ce qu'Haibara fait à côté de toi ? »
« Ferme-la une minute, Ayumi », dit Haibara en imitant parfaitement la voix de Conan. « Je sais que c'est dur pour toi, mais fais de ton mieux trois secondes. Attends un peu, d'accord ? »
« Pourquoi parles-tu à Ayumi, Co-chan ? », demanda Haibara gentiment, en éloignant le noeud-papillon de sa bouche.
C'était incroyable. C'est un one-man show. « Ne m'aimerais-tu plus ? »
 « Mais bien sûr que si ! », dit-elle avec la voix de Conan.

Elle appuya sur l'icône du téléphone rouge, fit tournoyer le téléphone dans ses mains, et le posa sur la table basse du salon.
« Fait. », dit-elle.

Il ouvrit grand sa bouche.
« Incroyable, Ai-kun ! », dit le professeur en applaudissant.

« Comment étais-je ? », demanda Haibara, en faisant un clin d'oeil à Conan.
« Stupéfiante, comme toujours », lui répondit-il en frissonnant.
Elle sourit.