Article 101 : Critique de "Détective Conan : L'Affaire de meurtre dans le temple piégé" (GameBoy)

Bonjour à toutes et à tous, Conan-patriotes !
Comme nous l’avions déjà fait auparavant avec le jeu Détective Conan sur Nintendo DS, c’est aujourd’hui du jeu « Détective Conan : L’Affaire de meurtre dans le temple piégé » que nous allons parler. L'objectif sera, comme toujours, de résumer le jeu, le critiquer, et donner une note.


Pour remettre ce jeu dans le contexte, « L'Affaire du meurtre dans le temple piégé » est sorti en février de l’année 2000. A cette époque-là, Détective Conan est au sommet : les tomes se vendent par camions entiers, et l’animé est regardé par des millions de personnes. Bandai avait déjà sauté sur l’occasion et sorti quelques jeux-vidéos Conan, sur la WonderSwan (une console sortie uniquement au Japon et qui était spécialisée dans les jeux-vidéos tirés de mangas) notamment. Mais la Game Boy, la console la plus populaire du marché, n’avait pas encore eu son jeu DC.
C’est chose faite avec ce jeu.

Le jeu commence lorsque Conan et Ran attendent la venue d’Heiji au café Poirot. Alors qu’ils sont en train d’y manger, une jeune fille, ex-camarade de classe de Shinichi et Ran, Miki Togawa, renverse une boisson sur Conan.
Afin de se faire pardonner, elle invite Conan et Ran chez elle, et leur révèle qu’elle voulait en réalité passer voir Kogorô pour qu’il enquête sur la disparition soudaine de sa sœur, Satomi. Le seul indice qu’a Conan : le bout d’un magasine qui a provoqué le départ de Satomi.


Le système de jeu est celui d’un RPG/roman-dont-vous-êtes-le-héros. Vous êtes dans un lieu fermé dont vous ne pouvez sortir, et vous devez mener l’enquête en discutant avec les PNJ (les personnages non jouables), et en observant des objets au sol ou sur les meubles. A chaque fois que vous remarquez quelque chose d’intéressant, l’information se note automatiquement dans votre vous carnet des Detective Boys. Une fois que vous avez fini de collecter toutes les informations qu’il vous faut,.pouvez aller dans votre carnet et lire toutes les informations : si vous les lisez dans le bon ordre, Conan fera des déductions, et l’histoire avancera.

Le jeu vous permet d’explorer quelques zones, dont l’appartement de Miki et le temple piégé en question, qui est assez vaste (plus de huit pièces, dont six dans le bâtiment principal) ; cela donne un aspect d’exploration à un jeu que l’on aurait pu croire cloisonné. Il n’en est rien : comme dans Enquête à Mirapolis (Wii), et contrairement à Conan vs. Kindaichi (DS) vous êtes à peu près libre de vous déplacer où vous voulez dans une zone donnée. Il y avait plus de liberté de mouvement dans Enquêtes à Mirapolis ; en contrepartie, vous allez moins avoir à vous déplacer inutilement que dans le jeu Wii.

En termes de casting, le jeu comporte Conan, Ran, Haibara, Heiji et Kogorô. Vous pouvez, dans le jeu, jouer à Heiji, Kogorô et Ran. Ce changement de personnages est obligatoire à certains moments du jeu : lorsque le meurtre se produit, les témoins ne parleront pas à Conan parce qu’il est enfant, et se confieront plutôt aux adultes. A un moment où un suspect veut vous empêcher de vous approcher d’un puits parce qu’il contient un indice, par exemple, il vous dit : « Ne vous avancez pas, ou j’appelle les flics ! ». En jouant avec Conan, vous serez obligé de reculer ; en jouant avec Heiji, il répondra « Oh, vous inquiétez pas, je connais pas mal de gens à la police. ». De la même manière, vous pourrez, avec chaque personnage jouable, lire les indices. Il les interprètera différemment selon son point de vue, certains aidant plus que d’autres.

Le jeu est relativement bien scénarisé. L’histoire est prenante, et installe un climat angoissant à partir du moment où le meurtre se produit. Les dessins du jeu ne sont pas magnifiques (on aurait aimé des dessins d’Aoyama ou de Yutaka Abe), mais ils permettent de bien comprendre ce qu’il se passe.
Seulement, même si le scénario est assez bon pour vous tenir en haleine, vous allez rapidement comprendre qui est le responsable de tout ça. Le scénariste a certes réussi à enchasser trois récits, ce qui est assez impressionnant, il ne reste pas moins assez facile de comprendre qui est le coupable. Nous ne spoilerons pas plus dans cette critique, un article est déjà dédié à cela.



Seulement, jouant au jeu, vous aurez l’impression de jouer à un filler. Pas un mauvais filler, non, mais un bon filler en deux parties, qui vous tient plutôt bien en haleine sans trop vous surprendre non plus.
Cependant, le simple fait que vous puissiez jouer à un jeu Conan, le simple fait que vous soyez dans cet univers que vous connaissez si bien, efface la plupart des défauts du jeu.

Il n'est pourtant pas exempt de critiques. La première critique que nous pouvons lui adresser est un défaut qui est récurrent dans les jeux Détective Conan : la mauvaise utilisation de la musique.
Pas que la musique en elle-même soit mauvaise - les musiques de jeux aussi vieux ont tendance à être plus anecdotiques qu’autre chose -, non, c’est simplement que le jeu ne contient aucune musique de Détective Conan. Aucune musique Conan, dans un jeu Conan ; on comprend immédiatement le problème.
Et c’est là quelque chose de bien dommage, parce que les premières saisons de Détective Conan sont connues pour la qualité de leur musique. Même sur l’écran titre, on n’entend pas le thème principal de la série, ce qui est un blasphème pour un jeu d'une série avec une aussi bonne OST.

Le deuxième défaut du jeu est son gameplay au niveau des déductions.
Si Enquête à Mirapolis ne s’est pas raté sur un point, c’est sur le système d’enchaînement des déductions. Sur Wii, il y avait un système de « liens » : vous avez un indice de base, puis vous devez faire une chaîne de déductions à partir des informations que vous avez notées sur votre carnet. Cela permet de bien savoir quels indices vous avez déjà utilisé (un indice ne pouvant être utilisé qu’une fois par enchaînement de déductions), et d’enchaîner les déductions.
Là, rien de tel : le seul moyen de faire vos déductions est de cliquer sur un indice, puis après ça, cliquer sur un indice qui correspond plus ou moins à celui que vous venez de lire. Un système bien moins performant, et qui ne peut pas être imputé aux limitations technologiques de la Game Boy : le système de déductions est juste foireux, et il vous faudra probablement cliquer sur tous vos indices pour faire une déduction complètement au hasard.

​Enfin, le jeu est assez simplet. Vous restez bloqué à un moment vers la fin car le dernier indice est très, très difficile à obtenir à part par pur hasard, mais sinon, il est finissable en moins de six heures.
Cela décevra peut-être les gamers hardcore, mais suffira à amuser le joueur lambda pendant plusieurs heures. Le jeu n’est pas difficile, et donne une liberté assez grande au joueur pour qu’il s’amuse.
Au « simplet » du jeu s’ajoute le fait que le scénariste ne se soit pas vraiment foulé au niveau des pièges et des passages secrets. Le prêtre du temple révèle vers le premier quart du jeu que le temple, un ancien repère de ninjas et de samuraïs, est truffé de pièges et des passages secrets en tous genres. Le jeu ne nous montre qu’un piège et qu’un passage secret : c’est là une occasion manquée de nous faire visiter les sous-sols du temple ou le toit, par exemple.

Un des meilleurs points de ce bon jeu, une sorte de cerise sur le gâteau totalement inattendue, est la scène post-crédits du jeu.
A la fin du jeu, malgré le fait que Conan ait réussi à résoudre l’affaire, une question reste en suspend et l’histoire semble étrangement incomplète. Après les crédits, une scène post-crédits à la Marvel se déroule, et l’on apprend que ce jeu n’était en réalité que la première partie introductive de la véritable affaire : « Le Meurtre sur l’étrange île au rocher », la suite directe de ce « L’Affaire du meurtre dans le temple piégé », où l’on retrouvera Miki Togawa et sa sœur Satomi, pour connaître la vérité derrière ce premier opus.

En conclusion, on peut dire que Détective Conan : L’Affaire de meurtre du temple piégé est un bon jeu-vidéo Détective Conan. On ne le conseillerait pas à quelqu’un qui n’est pas fan de Conan, car le jeu se base en partie sur la fan-attitude du joueur, qui ira jusqu’au bout du jeu par amour de la série.
Mais pour le Conan-patriote, ce jeu est un petit bonheur. Jouer Conan, parler à Ran et à Haibara, c’est un plaisir inégalable, même si le jeu reste basique et se limite du minimum syndical. 14/20, pour un bon jeu, sans qu’il ne soit excellent.