Article 72 : Critique du film 18, "Le Sniper dimensionnel"

Bonjour à tous et à toutes, Conan-patriotes.
Comme chaque année, il est temps pour nous de publier notre critique du film annuel de Détective Conan. Cette critique est la critique définitive, contrairement à notre premier avis sur le film 18.

Mais pourquoi avions-nous publié un article « premier avis », alors que, généralement, nous nous contenons d’une critique lors de la sortie en version DVD du film ?
La simple raison à ce fait est que le film 18, c’était un film qu’on attendait beaucoup. Pour tout vous dire, le QG du KP tremblait lorsque, sortant le pop-corn, nous nous sommes mis, au même moment, à visionner le film.

L’attente face à ce film était grande : après un film 16 que nous avions trouvé décevant, et à un film 17 qui avait enfoncé le clou avec un scénario ronflant, le film 18 portait en lui les espoirs d’un renouveau des films Détective Conan. En plus, il n’était pas scénarisé par Sakurai, qui avait scénarisé le film 17. Ce film était scénarisé par Kazunari Kôchi, auteur de tous les films Conan, hors les films 6, 10, 11 et 17. Et comme le scénario allait toucher à la trame, qui de mieux que le fin connaisseur de Détective Conan, le grand Kôchi-sama, pour scénariser le film 18 ?

D’autant plus que les premiers trailers du film 18 étaient extrêmement aiguicheur. Les snipers, ça réussit bien à Conan. Mais un sniper, avec Masumi Sera, le FBI et Akai sur le poster, ça ne peut pas rater… enfin, normalement. C’est justement ce que l’on va voir aujourd’hui.

1) Graphiquement, le film est très bon

Nous nous attaquons toujours par la forme, avant d’attaquer le fond. Et la forme est bonne. Très bonne.
Si les films Conan ont une sorte de constance dans la beauté, le film 18 est au-delà de ce qui avait été fait ces cinq derniers films. Le film 16 avait inauguré un tout nouveau type de graphisme : à partir du Onzième attaquant, les films Conan avaient droit à une sorte de filtre marron sur la vidéo, qui nous rappelait les premiers films de la série, et qui va toujours très bien avec les graphismes les plus récents.

Esthétiquement, c’est un tout bon : les paysages et décors sont beaux, ils sont colorés, et cela fait plaisir de revoir non-seulement Beika, mais aussi le centre-ville de Tôkyô, qui n’a jamais paru aussi vivant, grâce à tous ces personnages. Exit les couleurs flashies et fluos du dessin animé : la palette de couleur a été fixée par le film 16, et espérons qu’elle ne change plus.

Enfin, et c’est extrêmement appréciable, le film 18 n’a pas fait la même erreur que le film 17. Afin d’avoir des graphismes #tropcool et #vachementmodernes, la production de l’animé avait décidé que plus de la moitié des scènes se passant sur l’Aegis allaient avoir un décor dessiné en 3D, par des modèles faits par ordinateur. Ainsi, on pouvait voir un Conan dessiné à la main marcher dans les cales du bateau, mais les cales elles-mêmes étaient des modèles 3D pas forcément agréables à l’œil. Les prises de l’extérieur du bateau, idem. Ce défaut a été corrigé, et presque plus aucune scène n’est faite dans cette terrible 3D. Les quelques scènes en modèles 3D ont vu leur qualité améliorée ; nul souci de ce point de vue-là.

2) Le scénario est tout aussi bon

Le scénario Détective Conan est sa colonne vertébrale. Il faut qu’il soit intéressant, qu’il soit équilibré, qu’il mette en avant des personnages qui donnent envie de rester dans le cinéma. Est-ce le cas du film ? Oui, oui, tout à fait oui.

Le scénario du film a plusieurs points forts.
Tout d’abord, le mobile du meurtrier est crédible et est réfléchi. Les films Conan ont tendance à désigner un coupable, mais le coupable lui-même n’a en réalité que peu de raisons d’avoir commis son meurtre/crime/attentat. Dans le film 18, on passe tout le film à comprendre quel peut être le mobile du meurtre. Comprendre le mobile pour deviner le coupable, voilà la façon dont la police de Tôkyô et le FBI mènent l’enquête, et c’est tout à fait intéressant.

Ce qui en ressort, c’est un coupable bien réfléchi, au mobile bien réfléchi. Mais si Conan a du mal à trouver qui est le coupable, et s’il a du mal à l’arrêter, c’est parce que le coupable lui-même n’est pas un coupable typique : c’est un psychopathe, qui passe de brefs moments où il a sa raison, à des moments de folie où il provoque des attentats dans tout Tôkyô, terrorise la population, tire sur un enfant qui le suit en skateboard, etc.. Et ça aussi, ça rend très bien.

L’enquête est intéressante. Comme elle est menée par une grosse équipe (les policiers, le FBI, Conan, Masumi), on suit les personnages les uns après les autres. Et il est agréable de voir l’agent Satô et Jodie Starling coopérer, tout comme de regarder les phases de coopération entre Masumi Sera, point fort du film, et Conan, qui est au top de son intelligence, et qui doit gérer plusieurs problèmes à la fois.
Le défaut de l’enquête est que le petit jeu du coupable (mettre des dés sur les lieux d’où il a tiré) est un peu tiré par les cheveux et est illogique. On réussit à passer outre cela en se disant que le monde de Conan n’est pas censé être le nôtre, et que ce n’est pas la première fois qu’un coupable ferait quelque chose d’aussi stupide (#film2).  

Mais l’équilibre entre l’action et l’enquête est respecté, ce qui permet au spectateur d’oublier l’aspect débile du code du meurtrier. Le film 17 avait trop d’enquête et pas assez d’action ; le film 16, trop d’action et pas assez d’enquête. Le film 18 réussit à retrouver l’équilibre qui était celui du film 15. Un peu de background setting, un peu d’action, puis une réunion d’enquête, puis de la discussion entre personnage, puis de l’action, et cela répété pendant le film. Ca donne un scénario fun, et qui ne donne pas envie de décoller de sa chaise.

Enfin, pour finir sur les points positifs du scénario, on peut souligner le fait que le film 18 nous fait vraiment comprendre et ressentir le danger. Le film 17 avait beau nous répéter cinq fois « Le Japon est en danger ! », jamais nous n’en sentions réellement la pression. Là, le film est monté de telle sorte que l’on comprend la détresse et la peur qui règnent dans Tôkyô ; on comprend l’urgence dans laquelle Conan doit travailler ; on ressent le désespoir de Conan lorsque Masumi Sera se fait tirer dessus. Toutes les affiches des films Détective Conan affirment que le film qui sortira l’année suivante sera « Le plus grand défi que Conan a jamais eu à affronter », mais cela se révèle souvent être une exagération. Avec le film 18, on s’accorde sur cela s’en problème.
L’importance du film, de ce qu’il s’y passe, est d’autant plus soulignée par la présence exceptionnelle de guests, des personnages qui généralement n’apparaissent pas. Enfin, à la toute fin de l’Arc de Bourbon, Subaru Okiya apparaît. Peu, trop peu, on aurait aimé avoir des interactions entre Haibara et lui. Mais il est là, et son alter ego Shûichi Akai apparaît dans la magistrale scène de fin. Masumi Sera apparaît, et on a même droit à une apparence, très brève, de la gamine qu’elle héberger chez lui. Il n’aurait plus manqué que Bourbon pour que ce film soit véritablement légendaire au même titre que les premiers films de la série.

Mais le film 18 n’est pas qu’un film parfait. Nous ne lui mettrons pas 10, car il a des défauts.
Tout d’abord, une mauvaise utilisation de certains personnages. On aurait aimé voir Haibara plus. Les films 13, 14, 15 et 16 avaient subi des critiques de la part des fans de ShinRan : ces films seraient trop CoAi. C’est vrai, et ce CoAi éclipse parfois trop le ShinRan. Cependant, ce que ces films avaient réussi à montrer, c’est la relation entre Conan et Haibara, qui mêle complicité et assistance mutuelle : Haibara était avec Conan, et l’aidait, lui donnait des informations, lorsqu’il le fallait. Cela disparaît en partie dans ce film, et c’est bien dommage.

Ensuite, le film 18 a cherché à jouer au plus malin avec le spectateur : la personne désignée depuis le début comme étant à coup sûr le coupable n’est finalement pas le coupable mais la victime. Soit. Cela n’est pas dérangeant, c’est une technique scénaristique régulièrement utilisée par les auteurs de thrillers. Cependant, et c’est là que le film pêche, on nous montre dès le début du film la personne en question en train de marcher tranquillement au bord de la route avec sa femme, pendant que Conan poursuit en skateboard le véritable coupable. Tout tombe à l’eau, car le spectateur se rend compte cinq minutes après le début du film que la personne qui va être accusée pendant les 45 premières minutes du film n’est en réalité pas le coupable. Dommage.

Nous attribuons donc au film 18 la note de 8,75/10. C’est presque tout bon, mais il manque quelques petites choses pour être vraiment parfait.