Article 76 : Détective Conan : Enquête à Mirapolis, le test

Détective Conan : Enquête à Mirapolis. Le seul jeu Détective Conan à avoir été distribué en Europe, le seul jeu Détective Conan à avoir été traduit en français, le seul jeu Détective Conan jouable sur votre Wii française, et le seul jeu Détective Conan à avoir tellement fait polémique. Alors, qu'est-ce qu'elle vaut, cette enquête à Mirapolis ?

Détective Conan : Enquête à Mirapolis est le seul jeu Détective Conan à être sorti sur console de salon nouvelle génération. Alors que la plupart des jeux Conan sortent sur console portable (DS, 3DS, GameBoy, PSP...), celui-ci avait surpris à son époque pour etre développé sur Wii, la console de salon de Nintendo. Sorti en 2007 au Japon et en 2009 en France, il est édité par Nobilis, et développé par Marvelous Entertainment. 

Se situant à peu près n'importe où après la première apparition d'Haibara dans la trame, cet opus a une histoire en soi assez basique : Kogoro Mouri est invité à Mirapolis, un parc d'attraction qui n'a pas encore ouvert au public. Il est accompagné de Ran, Genta, Mitsuhiko, Ayumi, Haibara et Conan, qui aideront à peu près tous à un moment ou à une autre l'enquête. A ce joyeux groupe se rajoutent aussi Heiji et Kazuha, qui s'incrustent juste après la résolution de la première partie de l'affaire, et ne partiront pas tant que l'affaire ne sera pas résolue. L'apparition du détective de l'Ouest n'est pas une grande surprise, étant donné que quasiment tous les jeux Détective Conan font apparaître Heiji ou Kid pour attirer les acheteurs potentiels en les chatouillant dans le sens du poil.

Et c'est justement par l'affaire, ou plutôt la trame, que nous allons commencer. Effectivement, en achetant un jeu Conan, on peut s'attendre à mener une enquête, récupérer des indices, faire des déductions. Et bien que le concept soit quelque peu limité, c'est justement ce que le jeu nous offre.
Dès le début du jeu, on est mis dans une affaire, grâce à une cinématique assez belle, nous narrant une histoire se passant une dizaine d'années avant la trame de DC (histoire située en 2007 selon Haibara d'ailleurs. Fuck la chronologie, c'est pour les courageux la chrono dans DC !). On est tout de suite lancés, le thème principal de l'animé est là, bref, on est dans l'ambiance.

La première chose que l'on peut critiquer, cependant, est le fait qu'il n'y ait qu'une seule affaire. On appuie sur A et B en même temps sur la Wiimote, et on se lance dans l'intrigue... l'intrigue, seule et unique. C'est assez décevant que le développeur n'ait pas fait plusieurs affaires, alors que c'était le cas dans tous les jeux Playstation 1 (mis à part le jeu de société et le jeu hentai. Attends, merde, même le jeu hentai avait deux "histoires" ! O_o)

On peut alors se consoler en lançant la partie et en se disant, ''Bon, si y'a qu'une affaire, ça doit vouloir dire que l'affaire principale doit être longue, nan ?''. Et si vous pensez cela, 1) Bienvenue au club, et 2) Vous vous êtes gourrés.
 Parce que oui, en habitués des jeux-vidéo Détective Conan, on a le droit de penser que l'affaire principale serait bien longue, qu'on en chiera des arc-en-ciels malaisiens, et qu'on en aura pour notre argent. C'était le cas pour la plupart de jeux DC, quelque soit leur qualité, et ce n'est malheureusement pas le cas ici.
Malgré la tentative des développeurs de nous caser des mini-games dans le jeu (un jeu Kamen Yaiba, un tape-taupes, un jeu de shoot, un jeu de foot, etc.), ils n'arriveront pas à nous tenir en haleine bien longtemps, à part si comme moi, vous voulez finir le jeu à 100% (ce qui rajoute bien 5 heures de durée de vie-- artificiellement). Vous pouvez par contre finir le jeu en ligne droite en... 6 heures.

6 heures de jeu, c'est à peu près ce qui vous attend avec cet opus Wii. C'est extrêmement décevant, étant donné la durée de vie énorme des autres jeux (rien que les jeux WonderSwan des années 90 faisaient mieux!). 6 heures à vous balader dans l'hôtel et parler aux PNJ. Vous n'aurez que deux fois vraiment à inspecter des objets matériels, et de rares fois, lorsque vous aurez parlé 2 fois à touuuus les personnages présents dans l'hôtel (16 personnages au final), faire des déductions. 

Et les déductions, c'est un peu le coeur de Conan. Et ça tombe bien, le système de déduction est, lui par contre, assez intéressant. En parlant aux personnages, on apprend des informations, que Conan note sur son carnet des Détective Boys (sympathique clin d'oeil à la série). Lorsque l'on a rassemblé assez d'informations, on va dans le menu Pause, et on fait un ''Enchaînement'' : Conan fait une sorte d'enchaînement d'idées pour synthétiser tout ce qu'il a appris, et faire une déduction.

Même si le concept est en soi une très bonne idée, et c'est comme ça que j'imaginais une déduction de Conan sur consoles new gen (→ les consoles nouvelle génération, PS3, Xbox360, Wii, et après), il se trouve que les développeurs s'en sont assez mal servis.
 On ne peut pas savoir si c'est à cause de la traduction ou du jeu de base, mais certaines déductions sont complètement impossibles à réaliser à part en y allant au hasard. Les indices-Conan seront certes là pour vous aider, mais il suffit d'une erreur pour que votre ''nombre de liens'' (un compteur qui comptabilise votre nombre de déductions faites d'affilée sans vous tromper) se remette à 0. C'est donc assez rageant lorsque vous avez fait 45 enchaînements durant le jeu, et qu'au 46ème, soit le tout dernier du jeu, vous vous ratez, et retombez à 0.



Mais cela mis à part, vous aurez tout de même le droit de vous balader dans un espace très vaste pendant les 6 heures de jeu. Le système d'enchaînements a beau être bancal, les zones visitables ne le sont pas : vous pourrez visiter la cour, le gymnase, l'annexe et l'hôtel, qui ont toutes des surfaces assez grandes. Pas assez grandes pour rivaliser avec d'autres jeux (Enquête à Mirapolis faisant assez pitié lorsqu'on le compare à d'autres jeux comme les GTA ou Minecraft...), mais assez grandes pour parfois vous perdre. Heureusement que Conan a trouvé un moyen de se téléporter de bâtiment en bâtiment à la simple pression du bouton A. Faudra que je demande à Doc Koko comment il fait...

Concernant l'histoire-même, je l'ai évoquée avant, elle est assez basique. Une seule enquête, divisée en quatre actes, avec des enchaînements à faire dans chacun d'eux (trois pour le premier acte, deux pour le deuxième, etc..). On comprend malheureusement qui est le coupable en lisant bien les dialogues dès l'acte III, et c'est bien dommage. Elle reste sympathique, ne nous méprenons pas, mais c'est clairement en déçà d'une enquête du manga. Pourquoi ne pas avoir adapté des affaires alors ?

Pour refaire une comparaison avec les autres jeux Détective Conan, on peut remarquer que non-seulement Meitantei Conan ( premier jeu DC sur PS1) avait plusieurs intrigues différentes (dont une où on pouvait jouer Heiji, magnifique), mais le mystère était en plus mieux ficelé. C'est dommage, bien dommage, pour le seul et unique titre que les occidentaux pourront se mettre sous la dent sur console de salon ! 

Même malgré ce petit problème de déductions, le jeu reste fun à jouer, et il est sympa, quoiqu'un peu répétitif, d'aller parler aux différents personnages pour récupérer des informations. On aurait juste aimé un peu plus de diversité qu'aller à l'étage 1, parler aux personnages de l'étage 1, aller à l'étage 2, parler aux personnages de l'étage 2, et ainsi de suite. De ce point de vue, force est de constater que même les jeux GameBoy, datant pourtant d'il y a une quinzaine d'années, étaient plus riches. Par exemple, il y avait un mystère secondaire à propos de la grosse pierre qui ornait l'île sur laquelle on était, dans le jeu GameBoy Color ''La Légende du Trésor de l'Île au Rocher Etrange''. C'est bien dommage que les développeurs n'aient pas fait quelque chose de similaire.

Pour conclure, on va dire que le jeu reste appréciable. Certes, les graphismes sont dignes d'une Nintendo 64. Certes, les contrôles ne sont pas géniaux. Certes, on ne peut utiliser qu'un seul gadget (le skateboard). Certes l'enquête est assez facile.
 ...Mais là où le jeu réussit un tour de force, c'est que, même avec ses gros défauts, on réussit à se retrouver plongés dans l'univers du petit détective, avec pas mal de ses personnages iconiques, et une ambiance complètement Conan-esque. Des meurtres en série dans un hôtel perdu au milieu de nulle part, des musiques de Conan géniales, un casting intéressant et des suspects charismatiques, voilà qui réussit complètement à nous immerger dans le monde du petit détective, et nous fait tout de même passer un bon moment.

Il est à recommander aux fans de la franchise, si vous le trouvez pour pas trop cher. N'y mettez pas 40€ cependant, le jeu ne le vaut peut-être pas (trop court, graphismes trop bancaux, répétitivité).
Un bon jeu Conan, mais sans plus. Un plaisir à jouer.