Article 87 : Critique de l'opening 41, "Nazo"

Bonjour à tous et à toutes, Conan-patriotes !
Comme lors de la sortie des derniers openings, nous nous retrouvons, aujourd'hui, pour la critique de l'opening 41.

Cet opening était très attendu, et ce pour deux raisons.

La première était le relatif fail de l'opening We Go, dont les principales reproches étaient le manque de lien avec la série Détective Conan, le manque de lien avec la trame, et une fainéantise assez incroyable au niveau des animateurs. Ceux-ci nous avaient livré, au final, un opening assez moyen, et qui ne restera que très peu dans les annales.

La deuxième était que cet opening 41 n'est pas une nouvelle chanson en soi, mais un remix du troisième opening de Détective Conan, aussi nommé ''Nazo''. Cet opening étant considéré comme un des meilleurs de toute la série, autant sur le plan graphique que musical, l'opening 41 ne pouvait pas se permettre de se rater.

N'oubliez pas que vous pouvez visionner l'opening en version HD ici : http://www.dailymotion.com/video/x34tjxu_detective-conan-opening-41-nazo-lapompon_music

La question existentielle, désormais, est : l'opening 41 a-t-il réussi à être aussi bon que son prédecesseur, et est-il un bon opening en soi ?
Et même si la réponse à la première question est assez compliquée, nous pouvons tout de suite répondre à la deuxième question : il l'est.

Comme d'habitude, nous allons critiquer l'opening sur deux critères : ce que l'on peut voir, et ce que l'on peut entendre. Et heureusement pour nous, que ce soit audio ou visuel, l'opening 41 réussit à surpasser ses prédécesseurs... dans presque tous les points.

Au niveau musical, la musique est une reprise de ''Nazo'', chanté en 1997 par Miho Komatsu, et qui avait duré 43 épisodes, un score encore inégalé dans l'univers de Détective Conan. Le remix est chanté par LaPomPon, un groupe de jeunes chanteuses.
Nous avions eu peur que la musique sonne extrêmement mal, au vu du fait que le premier clip vidéo de ces chanteuses, qui avaient chanté la musique en direct, sonnait extrêmement mal. Heureusement pour nous, le mixeur audio de l'animé a retouché la piste sonore pour faire en sorte que la musique de l'opening 41 soit aussi bien que celle de l'opening 3. Si la musique arrive à être meilleure ou pas que l'original est une question à laquelle chacun aura sa réponse, mais l'on peut au moins saluer les chanteuses pour la qualité de la prestation. Enfin, les chanteuses, le mixeur audio qui a corrigé leur voix.

Effectivement, c'est une très bonne surprise que la piste sonore de cet opening : alors que l'on pouvait s'attendre à un vulgaire remix avec quelques paroles changées et le sens totalement altéré, on retrouve notre bon vieux ''Nazo'' qui a bercé, pour beaucoup, notre enfance. Les paroles sont là, la musique de fond est là, et le thème principal, le mystère et l'amour, sont toujours présents. La musique était excellente en 1997, elle l'est encore de nos jours. Un classique indémodable sur lequel la production de l'animé savait qu'elle pouvait compter.

C'est sur le plan vidéo, cependant, que l'opening se démarque un peu plus. Alors qu'il y avait beaucoup d'images fixes dans l'opening 3, on se retrouve là avec un storyboard fait de manière à ce que les images ne soient pas fixes, mais bien en mouvement. Même lorsque les images ne bougent pas (technique #4869 des animateurs pour moins travailler), des effets de zoom et dézoom bien gérés permettent de nous le faire oublier. On se souvient encore de Dynamite, où tous les personnages, Conan mis à part, n'étaient que des images fixes qui bougeaient sur un plan en 2D...
 Au niveau purement graphique, à savoir la qualité des dessins, l'opening est aussi une réussite. On se retrouve devant un opening qui a réellement un style particulier, et des dessins bien réalisés, totalement dans la patte graphique d'Aoyama. Les personnages sont tous bien dessinés, et les traits noirs apparaissent à plusieurs reprises. Même si l'on est loin de la qualité graphique de Butterfly Core, qui avait mis à une claque à toutes les communautés de fans de Conan, nous sommes à des lieux de Greed, Dynamite et We Go.

Alors que certains openings ont tendance à utiliser des effets 3D bon-marchés qui ne valent en rien les bons effets 3D que l'on peut voir dans de bonnes (et coûteuses) productions telles que les Disney, nous n'avons, dans Nazo, que quelques rares effets 3D, tous assez bien faits. Oubliez les effets 3D à chier des arc-en-ciels du film 17, l'opening 41 arrive à faire... beaucoup mieux.

Niveau graphique mis à part, nous critiquons, comme toujours, le storyboard des openings, à savoir la façon dont se déplacent les personnages, les angles de prise de vues et l'histoire racontée. La façon dont est faite le storyboard peut, parfois, nuire totalement aux openings (on citera par exemple l'opening 30, où l'on ne faisait que voir pendant des longues dizaines de seconde une chanteuse danser). Et dans le cas de l'opening 41... c'est du (presque) tout bon.
 Effectivement, l'opening se divise en plusieurs parties, sur lesquelles nous reviendrons une par une plus tard.

On a d'abord l'introduction, où l'on voit la gellule de l'APTX, ainsi qu'un labyrinthe derrière elle (symbolisant donc le fait que Conan est bloqué, comme dans un dédale, par l'APTX). Après cela, on rentre dans la partie ''scènes de la vie quotidienne'', soit le cœur des openings. C'est là que tout se décide : est-ce que les personnages vont être présentés d'une façon intelligente, innovante, où va-t-on juste avoir leur visages défiler un par un stupidement comme dans Miss Mystery ou Dynamite ?

Après cela, on passe au moment où la trame est introduite. C'est aussi un endroit d'un enjeu capital : le storyboarder doit être capable d'expliquer à un japonais lambda, en quelques secondes, de quoi est constituée la trame principale de la série, et qui sont ses protagonistes.
Juste après l'introduction de la trame qui est, comme nous le dirons dans quelques lignes, extrêmement court, il y a une petite scène de pseudo-action, une chute, et l'opening se finit. Ces trois parties doivent toujours tenir dans un opening d'une minute trente à deux minutes, mais pas plus. Mais que valent-elles donc ?

Même si l'entrée en matière, à savoir la gellule d'APTX devant le labyrinthe, est bonne, elle reste trop basique, banale. Nous avons déjà vu maintes fois ce genre de choses, et si nous arrivons à oublier cette banalité, c'est seulement parce que la suite de l'opening, lui, l'est beaucoup moins.
 Cependant, il faut tout de même saluer l'équipe de production pour l'effet 3D de la gellule. Bien que cela reste de la 3D de bas étage, elle est bien meilleure que plusieurs effets 3D que l'on a pu voir ces dernières années, comme dans le film 16. On espère que la production de l'animé comprendra un jour que mettre des effets tri-dimensionnels faits par ordinateur n'apporte rien de spécial aux openings, mais bon, il faut faire avec d'ici à ce qu'ils percutent.

Juste à la fin du petit discours de Conan (''Un adulte dans le corps d'un enfant […] … c'est le détective Conan !''), on peut voir un effet 3D, bien réalisé, d'un donjon d'un château, faits en briques, et une fenêtre au bout.
Alors que le storyboarder aurait pu faire en sorte que la caméra traverse simplement la vitre et s'approche de Conan, au pied de la tour, celui-ci a été bien plus subtil : on voit Conan courir dans la vitre, et juste au moment où celui-ci est sur le point de la briser, on change de scène. C'est quelque chose de très simple, qui n'a pas dû faire exploser le budget de l'opening, mais qui rend très bien à l'écran.



Même si c'est quelque chose de discutable selon les goûts, l'on peut voir arriver le premier mauvais point de l'opening juste après, alors qu'il avait fait un sans-fautes d'ici-là : Gin et Vodka.
 Alors que l'idée de faire apparaître Gin et Vodka, membres de l'Organisation, était une très bonne idée (il faut dire que nous n'avions pas été très gâtés avec l'opening 39 et 40 sur ce plan-là...), quelque chose vient quelque peu détériorer l'effet de #swag qu'est censé apporter l'apparition de Gin : les deux membres de l'Organisation se trouvent dans un château médiéval noir de type européen, avec un ciel couleur sang.

Bien que, une fois de plus, les openings de Conan soient très allégoriques (les dédales, l'arbre au milieu de la prairie, les escaliers, etc.), les représentations, les symboles, c'est là un peu pousser, et, de l'avis de beaucoup, on a simplement du mal à voir Gin sourire de son sourire de violeur à Conan, en le regardant par les vitres d'un château médiéval noir vide. Pourquoi ne pas avoir fait quelque chose d'autre, comme Conan et Gin qui se regardent yeux dans les yeux au pied du Bell Tree Tower, par exemple ? Non seulement cela aurait pu coûter moins chers en effets visuels, mais en plus, la scène aurait été bien plus percutante. Tout ce que l'on voit là, c'est Gin sourire à Conan du donjon d'un château.
Qui plus est, même si l'on peut comprendre que Gin apparaisse plus souvent que les autres Hommes en Noir étant donné qu'il est représentatif de ce qu'est l'Organisation aux yeux de Conan (ou, dans tous les cas, dans les premiers épisodes), pourquoi certains autres personnages appartenant à la trame n'apparaissent-ils pas ?

Cet opening marque le premier opening qui a été créé dans l'Arc de Rum (qui commence à partir d'ici)... pourquoi ne pas avoir fait une scène avec une silhouette noire vue de dos ? Pourquoi ne pas avoir fait apparaître Bourbon, qui, même dans son propre arc, n'a pas pu tant apparaître que ça ?
Même si l'on peut comprendre que Bourbon n'apparaisse pas dans l'opening car il n'apparaît pas non plus dans les prochains épisodes, il est tout de même étrange qu'Heiji, Kazuha et Kuroda, qui apparaîtront probablement avant que l'on ne passe à l'opening 42, ne soient pas présents dans l'opening.

Quelques secondes après, on rentre dans la partie ''vie quotidienne'', où l'on peut voir la vie dde tous les jours de certains des personnages principaux, ou, dans tous les cas, ce que le storyboardeur juge bon de montrer pour présenter les personnages aux nouveaux arrivants.
 Chose plaisante, c'est Ran qui est présentée en premier. On la voit diriger un entraînement de karaté et saluer ses élèves. L'animation est bonne, les dessins ne repoussent pas du tout l'oeil, c'est bon.

Après cela, et c'est là une des grandes surprises de l'opening, on est face à une scène qui se passe avant Détective Conan, lorsque Conan était encore Shinichi. On voit Ran rejoindre Shinichi en courant, les deux discuter puis se faire bousculer par un Genta sauvage. Petit clin d'oeil sympathique, ainsi qu'une façon intelligente de présenter les Détective Boys.
 Alors que les DB s'éloignent des deux protagonistes, nous avons un des meilleurs plans de l'opening : alors que Shinichi et Ran continuent de marcher, ils croisent une voiture qui transporte Shiho Miyano. Nous remarquerons qu'il s'agit bien de Shiho, et non d'Haibara, ce qui rajoute un intérêt à la scène. Voilà une bonne idée, novatrice, et qui a le mérite de très bien rendre à l'écran.

Juste après l'apparition-éclair de Shiho, et on regrette bien qu'il n'y ait pas d'autre personnage juste après elle (pourquoi ne pas avoir fait un dézoom sur le toit du bâtiment à côté duquel Shiho passe en voiture et y trouver Shûichi, afin de symboliser que la mission de Shûichi est de protéger la sœur de son ex-petite-amie?), on se retrouve avec des flashbacks de l'épisode 1... ou plus précisément, du premier chapitre du manga.

Effectivement, au lieu d'avoir une banale redite de l'épisode 1, ce que l'on a déjà eu bien trop de fois, le storyboarder a eu l'idée de faire redessiner quatre scènes de l'épisode 1, mais avec un style ''manga'', comme si on lisait un remake du premier chapitre de Conan. C'est tout simple, mais ça marche à merveille... et c'est une des raisons pour lesquelles on ne peut qu'acclamer cet opening 41 au niveau de la réalisation : tout ce qui concerne la technique, le déroulement des scènes, le storyboard, est réalisé d'une façon spectaculaire et théâtrale, ce qui nous ramène quelques années en arrière.

Ce qui suit est l'un des petits points faibles de l'opening : on voit Ran discuter au téléphone avec un air mélancolique à Shinichi/Conan, qui lui aussi apparaît sur le même fond rose/violet en arrière-plan.
 Non-seulement ce plan est une redite totale, on peut trouver exactement la même scène dans les vingt précédents openings, mais en plus, le fond n'est pas du tout recherché, travailler. Alors que l'on aurait pu avoir Ran téléphoner à Shinichi dans un aéroport (et faire une petite référence au film 19), ou Ran téléphoner à Shinichi chez elle juste après que celui-ci l'ait quittée à Tropical Land, on voit juste une image fixe de Ran sur un dégradé Photoshop. Cela marque un manque flagrant d'originalité, et c'est bien dommage.

La dernière partie de l'opening est celle qui plaira le plus à tous les nostalgiques du ''Nazo'' original : on retrouve la ''trame principale'' de l'opening, à savoir Conan dans la cour d'un château fort médiéval (??), mais qui court, cette fois-ci, à l'intérieur du bâtiment fait en pierres que l'on voyait dans le Nazo de 1997. Conan fait à peu près les mêmes mouvements, l'éclairage est semblable, c'est un clin d'oeil direct aux fans du troisième opening de la série.
 Et enfin, dernière image de l'opening et dernier clin d'oeil à l'opening 3, Conan et Shinichi, en deerstalker, derrière Big Ben et Westminster, face-caméra. Une bonne fin, pour un très bon opening.



Comme vous avez pu le constater lors de la lecture de cet article, nous n'avons cessé de le tarir d'éloges. Et pour cause : non-seulement l'opening 41 a une bonne réalisation (storyboard intéressant et géré de façon intelligence, peu d'images fixes, bons dessins, patte graphique léchée), mais, en plus, il est le premier opening réellement bon depuis un certain temps. Nous avions trouvé Greed en deçà de Butterfly Core, Dynamite en deçà de Greed, et We Go en deçà de Dynamite. La tendance s'inverse, cette fois-ci, et on se plaît à se dire que Nazo réussit, pour la deuxième fois, à arriver dans le podium des cinq ou dix meilleurs openings de la série.
Mais malgré ce succès, il reste tout de même quelques éléments extrêmement dommages, et qui auraient pu être gérés d'une façon toute autre. Plutôt que de passer énormément de secondes sur Ran en train de saluer ses élèves de karaté, il aurait pu y avoir une courte scène comportant Heiji et Kazuha, pour annoncer leurs prochaines apparitions. Plutôt que d'avoir un fond bleu/rose/violet et une image fixe de Ran et Shinichi, il aurait pu y avoir un vrai décor, comme l'agence de Kogorô. De même, l'idée du château aurait pu être éclipsée, même si l'on sent que c'est une tentative de la production de l'animé de nous faire comprendre pourquoi Conan courait dans un couloir en pierres dans l'opening de 1997. Bien trouvé, mais complètement inutile, et hors-sujet par rapport à DC.

Un très bon opening, bien meilleur que ses précédents, et incomparable à l'opening de base tant les deux ont tous les deux très bien été réalisés. 18/20, bien joué.



Nous nous retrouvons maintenant, Conan-patriotes, pour les Kudo Project Awards !!
Comme à chaque critique des openings de Conan, nous organisons un jeu : selon vous, COMBIEN D'EPISODES durera l'opening 41 ?
 Pour gagner, il suffit d'écrire en commentaires combien d'épisodes vous pensez que l'opening va rester ! Dans le cas où plusieurs personnes donnent le même chiffre, ce sera le premier qui aura posté le chiffre qui gagnera, et remportera la médaille d'or !

GAGNANTS DU PRECEDENT JEU :
Médaille d'Or : Anama ! Bravo à toi pour avoir deviné que l'opening 40 durerait 15 épisodes, pile poil !
Médaille d'Argent : EJRI, qui avait donné le chiffre de 14 épisodes ! Bravo à toi !
Et la médaille du Cornichon est attribuée à Ananas21, qui avait donné le chiffre de 9 épisodes !

​A vous de jouer !