Article 9 : Les éditions de Conan dans le monde

Detective Conan est très connu dans le monde : le manga a été publié dans 22 pays et a été traduit en 22 langues, les films se placent toujours dans les 5 films d'animation les plus vus au Japon à chaque sorties (Les 15 Minutes de Silence ayant explosé le record, de même pur les films suivants), et l'animé fait partie des plus vus du Japon, toujours dans le top 10 des animés les plus vus de l'archipel nippon.
 Mais qu'en est-il de ses éditions en manga ? 



Ce qu'il faut savoir, c'est que Conan n'apparaissait pas au début dans des volumes (que l'on appelle au Japon les Tankōbon), mais dans un magazine de prépublication, "Le Shonen Sunday", dans lequel Yaiba et Magic Kaito avaient déjà été publiés par le Goshosaure.
Le manga a donc eu son premier chapitre, appelé "file", publié le 2 février 1994. Suite au succès fulgurant de la série, qui s'est fait sentir nettement sur les ventes du magazine et la hausse de popularité de la série, Conan a été adapté en volumes, chaqun contenant entre 9 et 11 chapitres tirés du Shônen Sunday.
 La série reste, à ce jour, la plus importante du Shônen Sunday, qui n'hésite pas à sortir des nouveaux films, spéciaux, DVD, Blu-ray, et produits délivrés tirés de la franchise.

Le Sunday sort, comme son nom ne l'indique pas du tout, le mercredi, et les abonnés réusissent à l'avoir chez eux le lundi. 

Même si les éditeurs japonais ne se préoccupent que principalement du Japon, qui reste leur terrain de chasse favori (et le plus lucratif pour beaucoup de franchises), ils ont tout de suite compris le potentiel économique de la série dans d'autres pays, qu'ils soient en Asie, en Europe ou en Amérique. Nous allons passer en revue plusieurs points qui caractérisent les différentes éditions de la série dans le monde. 


Le manga est paru pour la première fois le 5 avril 1997 en France, c'est-à-dire 3 ans après la parution Japonaise. Pour l'époque, Kana n'avait pas perdu leur temps, et s'étaient rués sur la franchise dès son succès commercial assuré au pays du soleil levant. Ils profitèrent donc aussi de l'animé, qui lui n'a été diffusé qu'à partir de 2004 sur France Truc, à la télévision française. 
 Le premier choc qu'avaient eu les lecteurs à l'époque était la différence entre les convertures jap', et les couvertures françaises (ainsi que les couvertures anglophones, pour ceux qui y avaient accès).

Pour la version japonaise, Gosho n'avait dessiné que le Conan portant le deerstalker et la pipe, la tenue fêtiche de Sherlock Holmes. En arrière-plan, un fond relativemen stylé : un mur de briques dessiné, une photo de Big Ben, et le logo de la série en japonais. 

Dans la version américaine, le titre a été refait (maintenant "Case Closed", pour éviter toutes confusions avec Conan le Barbare), titre qui prend la moitié de l'image. Le Conan a été déplacé pour aller un tout petit peu plus sur la droite, pour laisser place à une photo d'une maison et la lumière d'un projecteur. La couverture est donc beaucoup moins stylée que la version Jap'.

Mais le pire de tous, bien évidemment, c'est nous ! Une couleur choisie au hasard comme arrière-plan, et c'est tout… Pourquoi ?
 Il semblerait que Kana (l'éditeur), n'ait pas eu le droit d'utiliser l'arrière-plan Jap pour la version française… Et nous avons aussi un…supeeeerbe...logo….


En termes de pourritude absolue, nous avons aussi failli être dépassés par les espagnols ! Les couvertures spanish sont un tout petit peu plus stylisées grâce aux marques de pas en arrière-plan ou aux empreintes digitales. Donc un tout petit peu mieux que la France…

Les allemands ont les meilleures couvertures, Japon mis à part. Pourquoi ? Parce que les éditeurs ne sont pas allés chercher des couleurs horribles, mais ont pris les couvertures originales, tout simplement ! Seul point "noir", c'est le logo. Le "Conan" dans le logo est fait de la même façon que le logo des éditions Kana, c'est-à-dire rayé telle une chemise de cow-boy.

Les italiens n'ont pas été plus gâtés que nous : arrière-plan de couleur unie, tout moche, tout pas beau. Les seuls plus sont qu'ils ont eu droit à une "ombre", derrière Conan, et le logo est tout simplement blanc (logo que je préfère au logo de Kana). A noter que les Conan là-bas ne coutent que 3. 82 euros : ce n'est rien comparé à nos 6. 51 euros…

Donc, pour conclure : l'édition Japonaise est la meilleure, bien évidemment : les noms originaux, les énigmes non-traduites, les bonnes couvertures, etc… Mais pour les non-parlant-japonais, la deuxième meilleur version est la version Allemande, c'est elle qui recopie le plus fidélement la version Jap'. Après, toutes les autres valent la même chose…


Parce que traduire du japonais, langue très ambigüe, à une autre langue... c'est dur. 
 Lorsque le manga a été déporté aux Etats-Unis, les éditeurs n'ont pas eu le droit d'utiliser le "Conan" de "Detective Conan", à cause de la franchise Conan le Barbare. Les éditeurs ont donc dû trouver un autre nom qui sonne bien, "Case Closed".
Malheureusement, sans le vouloir, "Case Closed" est aussi la phrase fétiche de Masumi Sera, qu'elle ressort à chaque fois qu'ellle résout une affaire dans le manga. 

Mais la confusion ne s'arrête pas là, puisque bien que le manga soir renommé Case Closed, Conan reste Conan... d'où l'inutilité de ce marketing foireux dont ont fait preuve les éditeurs américains. 
Pour rajouter de la chantilly sur de la bouse, les noms et prénoms ont été anglicisés. Ran devient Rachel, Kogoro Mouri devient Richard Moore, Genta Kojima devient George Kaminski, Ai Haibara Vi Graythorn (ou Anital Hailey selon les versions), et Shinichi devient... Jimmy. 
 Autrement dit, vous l'aurez compris, foirage total au niveau de la traduction de la version anglaise. Sans rentrer dans les détails, Kana fait aussi régulièrement un très bon boulot pour Conan, en traduisant des énigmes et jeux-de-mots assez compliqués à traduire. On peut les remercier de tout notre coeur d'avoir gardé les noms japonais originaux, plutôt que de faire comme chez les anglophones, remplacer les noms.
 Ce que l'on peut critiquer dans la traduction de Kana, cependant, c'est l'approximation de la traduction. Leur traduction a beau être très élégante, et, on peut le dire, littéraire, elle n'est pas aussi précise que certaines traductions amateurs. Certains indices en rapport avec Ano Kata ou les Hommes en Noir peuvent très bien être complètement oubliés ou effacés dans la traduction française, à cause du manque d'expertise de leurs traducteurs vis à vis de l'histoire en elle-même.

Vous l'avez très bien compris, la version Japonaise, celle d'origine, est la meilleure sur tous les points.
Mais, un peu plus loin derrière, on peut tout de même remarquer que les allemands et les espagnols ont bien réussi à se rattraper, en proposant une version certes légèrement différente, mais qui ne choque en aucun cas l'oeil. Les français se sont aussi bien débrouillés, et nous avons tous les deux, trois mois, une couverture relativement belle (malgré le manque total de swag dans l'arrière plan...), une bonne traduction et des bons scans. Bravo, Kana !