Article 97 : Critique de l'opening 43, "Sekai wa anata no iro ni naru"

Bonjour à tous et à toutes, Conan-patriotes !
Aujourd'hui est sorti le 43ème opening de Détective Conan, ''Sekai wa anata no iro ni naru''.
 Chanté par un des groupe attitrés de Détective Conan, à savoir B'z (openings 6, 17, 31, 36, endings 16 et 39, endings des films 3, 6, 10, 15 et 20), cet opening utilise l'ending du film 20 pour sa bande-son, et des images inédites en vidéo.

Comme pour chaque critique d'opening, nous décrirons l'opening en lui-même, puis nous critiquerons sa musique, son storyboard, ses dessins, ses animations, et tous les détails qui nous feront aboutir à une note sur 20. Après cela aura lieu la remise des récompenses du Kudo Project Award.

Vous pouvez visionner l'opening 43 ici 


L'opening 43 commence avec un gros plan sur Big Ben, puis une vue du dessus du quartier de Westminster. Sur la gauche se trouve une grande roue, bien réelle à Londres, et qui rappelle le centre de l'intrigue du film 20.
Dans la Tamise se projette une preview de l'épisode à venir. L'eau continue de bouger en arrière-plan, et la caméra imprime un léger mouvement.
 Un mouvement de caméra plus tard, on retrouve Conan perché sur un mur, à minuit, Big Ben en fond, qui regarde devant lui, les cheveux dans le vent. Il se retourne et regarde la caméra, et nous le retrouvons dans un nouveau plan où il se trouve sur un fond violet, des sortes de morceaux de verres colorés flottant autour de lui.
 Une explosion, le logo s'affiche rapidement derrière une boussole qui n'arrive pas à trouver le nord. Une fondue fait apparaître Shûichi Akai, sniper en main, qui vise quelque chose en hauteur. Derrière lui se trouve un bâtiment bétonné, qui semble délabré, et que l'on ne peut pas reconnaître.
La balle fend le ciel, et, l'accompagnant, la caméra se fixe sur Gin. Elle s'éloigne de lui, et, phares allumés, l'on voit Rei Furuya à bord de sa RX, conduire dans sa direction.

 Nouveau plan, sur lequel on peut voir Shûichi et Rei se battre devant un fond blanc.

Leurs points se rencontrent dans une étincelle de lumière, et l'on voit maintenant Haibara courir depuis la Beetle d'Agasa pour aller vers la Tamise, et crier quelque chose dans son badge.
Encore une explosion, et l'on voit Ran se battre contre un coupable en noir. Elle court vers un poteau, fait une pirouette, et lui envoie un coup de pied dans la figure. Nouvelle explosion sur la Tamise, où l'on remarque un bâteau sur lequel se trouve Kogorô en bas à droite.
 Dans les flammes de l'explosion, Shinichi se penche, comme s'il flottait, et rattrape par la main Ran.


La caméra s'approche des yeux de Shinichi, et une nouvelle scène commence : sur une route bétonnée fonce une voiture de police, et alors qu'elle disparaît, apparaissent Satô et Takagi, armés de leur revolver, et tous les policiers principaux de la série. En face d'eux, devant un ciel gris menaçant, se trouvent quelques membres de l'Organisation : Bourbon, Vermouth, Kir, Chianti, Gin, Vodka et Korn.
Nouveau plan : Shûichi est de dos, et devant lui, James Black, Jodie Starling et André Camel sortent leur pistolet et visent la caméra.
 Un rapide plan sur Masumi Sera et la Gamine plus tard, on retrouve Ran, agenouillée au sol à cause de blessures, dans un endroit en ruines. Conan se place devant elle afin de la protéger, jette ses bretelles sur le côté, et devant lui arrive un coupable en noir. Il vise Conan ou Ran avec son pistolet, et Conan active ses lunettes radar.

Une voiture déboule sur les docks, et un zoom montre Akai la conduisant. On voit ensuite consécutivement Kogorô à l'avant d'un bâteau sur la Tamise, puis Heiji et Kazuha sur leur moto dans un tunnel.
 Un plan situé à l'intérieur de la Beetle d'Agasa montre Sonoko, un plan routier à la main, en train de pointer une direction de son bras, jusqu'à ce qu'Agasa tourne dans cette même direction. Haibara saute dans un couloir souterrain, et au bout, Conan tire dans un ballon avec ses chaussures amplificatrices de force.

L'opening s'arrête sur un fond habituel qui rassemble plusieurs des personnages principaux.


Une fin classique mais sobre, et fait d'une belle palette de couleurs


Que l'on ne tourne pas autour du pot, l'opening, comme beaucoup d'entre vous l'avez remarqué, est bon, voir très bon, et ce pour plusieurs raisons que nous tenterons d'exprimer ici.
 Tout d'abord, le storyboard est bien géré.
Le storyboarding des openings est quelque chose de primordial, car c'est lui qui décide de la dynamique des scènes, du découpage des plans, de ce que les personnages font à l'écran, et d'à peu près tout ce que l'on peut voir à l'écran. Là, tout a bien été réalisé, du début jusqu'à la fin.
La preview de l'épisodes, les quelques secondes où l'on peut voir des extraits de l'épisode qui va suivre, sont, pour une fois, bien intégrées à l'opening. Alors que généralement, la preview de l'épisode fait bande à part et casse complètement l'opening, là, les images se projettent sur la tamise à côté de Big Ben, et rien ne semble anormal. Un des rares défauts reconnus à Butterfly Core a donc été évité.
 Ensuite, les mouvements de caméra sont intéressants de par leur utilisation. Pas de mouvements raides gauche → droite ou droite → gauche comme dans Dynamite ou We Go, mais des mouvements de caméras qui peuvent partir dans tous les sens, avec toutes les inclinaisons possibles, et qui font du bien à la rétine : toute occasion est bonne pour donner du dynamisme aux actions des personnages, et le tir de sniper d'Akai est une occasion parfaite pour faire bouger la caméra jusqu'à Gin, par exemple.
Remarquablement, la 3D n'est que très peu utilisée dans l'opening. Comme nous l'avions expliqué dans une précédente critique d'opening, la 3D est Conan n'ont jamais fait bon feu, car la composite 3D de l'animé Conan est soit réalisée par TMS, très mauvais en animation 3D (non pas à cause de leurs employés, mais à cause du manque de budget qui leur est donné, ainsi que le manque de temps qui les fait dormir sous leur bureau), soit commandée à des studios indépendants, comme le studio Meguro, qui lui aussi produit de la 3D à bas coût. La meilleure solution est donc soit de l'utiliser avec parcimonie et de façon subtile (la 3D rendait très bien dans les épisodes de la Femme Rouge, ainsi que dans l'opening 41, Nazo), soit de ne pas l'utiliser du tout, afin de ne pas contrario la rétine, comme ce fut le cas pour le film 17.
 Au risque de nous répéter, aucune image n'est réellement fixe, et peu d'images sont ''semi-fixes''. Bien que l'on se rende aisément compte que les plans de Conan sur le muret sont en réalité une image fixe où seules les mèches de cheveux de Conan ont été animées, le tout est bien réalisé et bien colorisé, et l'oeil n'est pas trop choqué. Au contraire, l'opening a plutôt tendance à aller trop vite et à faire dans la grandeur, ce qui fait que l'on ne peut pas décrocher les yeux de l'opening une seconde sans rater quelque chose qui valait le coup d'oeil.



Parce que pour une fois, Ran n'a pas un regard terrifié

Ensuite, la volonté d'insérer de l'action dans l'opening transpire dans presque toutes les scènes de l'opening.
 Alors que les premières scènes de l'opening commencent doucement et ressembleraient même plus à un ending qu'un opening, tout s'accélère subitement, et on se retrouve propulsé dans un des openings de Conan les plus dynamiques depuis bien des années.
 Contrairement à beaucoup de séquences d'ouverture ronflantes de la série, les policiers n'apparaissent pas souriants ou en train de faire les guignols, mais bien pistolet à la main, en train d'agir. La façon dont ils apparaissent (à savoir d'abord Satô et Takagi, en position de combat à armes à feu, puis tous les autres apparaissant dans le même style de position autour) est classe et montre d'une certaine agressivité, par la présence des pistolets, et de leur geste.
 Un soin particulier a été attaché aux scènes d'actions qui apparaissent, dantesques et inhabituelles (dans le bon sens du terme), pour un opening Détective Conan. Shûichi qui tire avec son sniper, Bourbon en voiture, Ran qui se bat plutôt que d'être une demoiselle en détresse, et caetera ; tout cela contribue à rentre l'ending très hypesque, et on en veut toujours plus au fur et à mesure du visionnage.

Et finalement, ce qui vient ultimement nous faire apprécier l'opening, c'est son thème, et l'  « histoire » qui est racontée tout du long.
 La musique de l'ending du film 20 étant utilisée, on pouvait s'attendre à ce que l'opening ait un rapport de près, ou de loin, avec le film 20, et ça n'a pas raté : les personnages du film 20 apparaissent, des scènes rappelant subtilement le film 20 se déroulent (Bourbon en voiture, Shûichi qui tire en altitude, Haibara qui panique …), en bref, c'est une atmosphère très film 20-esque qui se dégage de l'opening.
 Ensuite, parce que l'opening re-raconte le film 20, et que le film vise à s'intégrer assez bien dans la trame de la série, baigne dans l'atmosphère du récent Arc de Rum, l'opening réussit à bien rentrer dans la trame principal de la série. L'opening résume donc bien la trame principale dans ce qu'elle a de plus ''pure'', dénuée de toutes les affaires fillers qui ne sont là que pour espacer les confrontations entre l'Organisation et Conan, et nous donner des indices vers des mystères qui eux-mêmes mènent vers d'autres mystères et finissent pas rallonger indéfiniment le manga. Un opening qui parle de la trame principale, voilà qui fait bien plaisir, et voilà qui aurait du être plus présent dans la plupart des récents openings critiqués.

Mais malgré tous ces bons points, l'opening 43 n'est pas exempt de défauts. Ils sont bien là, ils sont présents, mais ne gâchent pas le visionnage.
 Malgré le fait que l'opening représente assez bien la trame principale de la série, il ne répond pas à l'attente principale d'un opening, à savoir présenter la série telle qu'elle est. L'opening a été créé, en premier lieu, pour que les spectateurs potentiels en train de zapper frénétiquement découvrent en moins de quarante secondes une série, sans avoir vu aucun épisode avant. Un spectateur qui découvrirait, ou re-découvrirait Détective Conan avec cet opening, serait donc bien déçu en commençant à regarder l'épisode, et en se rendant compte que celui-ci n'est que l'histoire d'une dame qui tue sa voisine parce que sa chienne est plus belle que la sienne... Le problème ne se pose pas tellement pour les fans hardcore de la série, ou, dans une autre mesure, ceux qui suivent vaguement les épisodes, mais c'est tout de même bien dommage, et bien trompeur, pour tous les autres qui ne regardent qu'un épisode de temps en temps.



L'opening fait croire au premier visionnage qu'il adapte le film 20,
mais assez peu de scènes en sont inspirées : tout ce qui concerne Ran a été inventé

 Si l'on creuse plus profondément, on peut aussi se demander quelles sont les affaires qui seront adaptées prochainement. Les prochaines sur la liste sont la première rencontre entre Shinichi et Ran, l'affaire du ''Big Couple'' avec Yôko Okino et Higo, le meurtrier de Ramen Ogura, et l'affaire Night of the Living Dead. Dans l'opening, n'apparaissent ni Yôko et Higo, ni le patron de Ramen Ogura, ni plus en profondeur Heiji et Kazuha. La première rencontre de Shinichi et Ran est graciée, car un ending entier a été réalisé pour promouvoir cette affaire, mais l'opening ne la mentionne même pas. Un rapide plan sur la devanture du Café Poirot puis de Ramen Ogura aurait suffit pour faire comprendre aux lecteurs que ces deux endroits sont déjà apparus plusieurs fois, apparaissent et continueront d'apparaître.
 Ensuite, un des problèmes plus subtils et donc vicelards viennent de la stratégie marketing de la production de l'animé. L'objectif ultime de l'animé est de pousser les spectateurs à aller voir le film annuel, c'est pour cette raison-là que l'animé est produit. En regardant cet opening sans avoir vu le film 20, mais en sachant que la musique provient du film, le spectateur lambda pense que l'opening retranscrit le film. Et sur ce point-là, il y a bien un petit mensonge sur le produit : l'opening a été réalisé de façon très subtile pour mélanger des scènes qui ont l'air de se passer dans le film, des scènes qui se passent (de près ou de loin) dans le film, et des scènes totalement hors-sujet et inventées pour l'occasion. Autrement dit, une très bonne œuvre marketing, mais à laquelle, une fois de plus, il ne faut pas se fier. La présence de Ran dans l'opening fait croire que celle-ci a un rôle important et dans l'animé en ce moment, et dans le film. Dans les deux cas, c'est faux.

Mais bien que l'opening soit très bon techniquement, sa thématique reste paresseuse.
 Comme nous l'avons écrit précédemment, la stratégie éditoriale a été simple et fonctionne : il suffit de prendre l'ending du dernier film, de dessiner un storyboard qui fait penser au dernier film, de mettre des personnages du dernier film, et voilà, vous avez une publicité géante pour le dernier film. Mais se baser sur un film pour faire un opening, c'est tout de même paresseux, et aussi bon l'opening soit-il, peut-être aurait-on préféré quelque chose de novateur, ou dans tous les cas de plus original. La même critique avait été adressée à Dynamite (notre bouc-émissaire favori après We Go), qui s'était contenté de recycler la musique éponyme de Mai Kuraki, qui elle-même avait été composée pour être l'ending du téléfilm La Disparition de Conan Edogawa. Mais là où l'opening Dynamite était resté honnête, c'est qu'il s'était totalement distancié du téléfilm, et l'on n'y voyait aucune référence. Le studio est peut-être allé trop loin dans l'opening 43.
 Comme pour la majorité des films et œuvres Détective Conan, en inspectant de plus près, on peut détecter quels éléments globalement inutiles ont été rajoutés pour plaire, pour gratter les fans dans le sens du poil : le fan-service. Plus ou moins apparent selon les openings, celui-ci a le mérite d'assez bien le dissimuler. Un peu trop d'explosions inutiles, qui nous rappellent que les films Détective Conan peuvent parfois, malheureusement, se résumer à l'onomatopée « BOOOOOM », et qui servent de transition du pauvre ; Conan, mélancolique, devant Big Ben ; Conan qui se met devant Ran pour la protéger. Mais il s'agit plus de chipotage sur des détails, que d'une réelle critique à l'encontre d'un opening, très bon, qui a montré ce que le studio avait dans le ventre, et pouvait produire avec un minimum de budget.

Explosions

 La dernière critique que nous pouvons adresser à cet opening est le fait que, en tentant de caser le plus de personnages possible, il finit par n'en présenter aucun. Certes, tous les Japonais connaissent ou ont entendu parler de Conan, mais l'opening est tellement condensé qu'il ne prend pas même le temps de nous présenter des nouvaeux arrivants (Hyôe Kuroda, par exemple), ou à mettre en avant certains personnages qui vont être très importants pour les prochaines affaires (Shûkichi ? Yumi? La Gamine ?)...


Nous pouvons donc conclure de façon très positive ce nouvel opening. Un succès immédiat, un storyboard dynamique, une histoire racontée et une floppée de personnages issus de la trame et des affaires de « la vie de tous les jours », voilà ce que nous apporte l'opening 43, qui nous fait oublier les derniers desastres de la série. Entre l'opening 41, Nazo, et cet opening 43, l'animé est bel et bien gâté, et on aimerait passer outres les semaines de souffrance auditive et visuelle qu'ont apporté certains autres openings.
 Malgré toutes ses réussites, l'opening met en lumière un constat légèrement alarmant quant à la série : la série en temps que telle, à savoir une série où un/des détectives résolvent un meurtre dans un bâtiment banal de Tôkyô, ne peut plus fonctionner de nos jours. Elle a forcément besoin de bombes, de personnages treizième dan dans tel ou tel art martial, d'agents secrets et de pistolets pour plaire à son spectatorat. La production est donc obligée de ''shôneniser'' Détective Conan, en lui inventant dans son opening ce qu'il ne possède pas réellement dans son animé, afin de rendre la série plus attirante : Rei et Shûichi qui font un combat de boxe, Ran ninja, et un coupable qui menace Conan avec un pistolet, comme si c'était ce à quoi nous avions le droit à chaque affaire du petit détective. Finalement, Magic Kaito 1412 avait tout compris.

19/20, pour un opening quasiment parfait, magnifique et bien rythmé, qui vient nous rappeler à quel point Détective Conan, c'est une série magique.



Il est maintenant le temps des KP AWARDS, chers Conan-patriotes !
A chaque fin de critique d'opening, nous vous posons la question suivante : selon-vous, COMBIEN D'EPISODES RESTERA CET OPENING (l'opening 43) ?
Publiez le nombre d'épisodes que vous estimez en commentaire pour gagner la prochaine Médaille d'Or, d'Argent, ou du Cornichon Sauteur ! Les épisodes remasterisés ne sont pas pris en compte.

LES GAGNANTS DU CONCOURS POUR L'OPENING 42, qui est resté au final 13 épisodes :

La médaille d'or revient à Lilou, qui est tombée pile sur 13 épisodes ! Bravo ! ;D
La médaille d'argent est pour Prof Genki, qui est à un épisode près.
Et la Sainte-Médaille du Cornichon Sauteur revient à Aya TheSwifie, qui avait estimé 20 épisodes ! 
Tentez votre chance !