Détective Conan épisode 19 : L'Affaire du meurtre dans l'ascenseur

L’épisode 19 de Détective Conan est sorti le 10 juin 1996 et s’appelle « L’Affaire du meurtre dans l’ascenseur ».
Il est scénarisé par Kazunari Kôchi, et est storyboardé par Masato Sato. Le directeur d’animation est Akio Kawamura.

Eiko Ashiya, la créatrice de mode la plus en vue au Japon, souhaite rencontrer Ran pour qu’elle puisse potentiellement travailler comme modèle. Kogorô et Conan l’accompagnent au rendez-vous avec Ashiya. Celle-ci semble troublée lorsqu’elle apprend que le père de Ran est détective. Arrive Mika Taniguchi, la secrétaire d’Ashiya. Après leur avoir parlé, elle va à son bureau. Ashiya prend un autre ascenseur.

Revenant paniquée au rez-de-chaussée, elle demande au gardien de l’accompagner dans le bureau de sa secrétaire, car celle-ci ne répond pas. « Pourquoi est-elle paniquée comme ça ? », se demande Conan. Arrivant au huitième étage, ils trouvent le cadavre de la victime, avec des traces de pas qui vont jusqu’à l’issue de secours.

Conan remarque que le corps de la victime est tombé en-dehors de l’ascenseur, ce qui signifie qu’elle aurait été tuée par quelqu’un qui se situait dans l’ascenseur. Sinon, son corps serait tombé à l’intérieur de l’ascenseur, et non pas sur le palier. Eiko Ashiya a un bon alibi : l’ascenseur qu’elle a pris va jusqu’au 15ème étage sans arrêt, alors que celui de la victime va jusqu’au 8ème étage sans arrêter, puis jusqu’au 15ème avec arrêt à chaque pallier.

Le petit détective mène son enquête et comprend comment Eiko Ashiya a tué sa secrétaire. Il endort Kogorô et explique l’astuce utilisée par la meurtrière. Il explique ensuite qu’Ashiya a voulu tuer sa secrétaire parce que celle-ci était une espionne industrielle à la solde d’une compagnie adverse.

I – Graphiquement

L’épisode 19 est, sur le plan graphique, un bon épisode. Moins décevant que l’épisode précédent, pourtant bien plus culte, l’épisode 19 a une direction d’animation ferme dirigée par le talentueux Akio Kawamura. Ce directeur d’animation, qui travaillera encore sur la série plus de vingt saisons plus tard, utilise les premiers épisodes de la série pour affiner son style. Il sera bientôt bien plus lisse et moins hésitant, ce qui sera une belle amélioration comparé à cet épisode-ci, où les personnes ont encore des têtes très rondes.

Le storyboard de l’épisode est également bon. On aurait aimé plus de dynamisme, mais la variété des plans est plus que satisfaisante. Le manque d’action dans l’épisode n’était évidemment pas propice à un storyboard plus nerveux – mais peu importe, l’épisode 19 est visuellement assez plaisant pour qu’on ne le critique pas sur cela.

Les décors de l’épisode sont également de bonne facture. Le seul reproche qu’on pourrait lui adresser est que l’immeuble de l’entreprise semble un peu vide. Cela est dû au fait que, comme expliqué en début d’épisode, Ran a son rendez-vous avec la PDG un jour férié. Enfin, un peu de décoration dans l’immeuble n’aurait pas fait de mal, d’autant plus que l’on sait qu’il s’agit d’une entreprise de mode.

II – Scénaristiquement

L’épisode 19 a été scénarisé par Kazunari Kôchi. A l’époque où l’épisode est sorti, les fans Japonais ne savaient pas encore que Kôchi se révèlerait, sur le long terme, le meilleur scénariste de fillers Détective Conan jusqu’à sa mort. L’épisode 19 est toutefois légèrement moins bon que son dernier filler en date, l’épisode 14. Là où l’épisode 14 cherchait un équilibre entre une histoire, une enquête, et de l’action, l’épisode 19 cherche à nous intéresser par son enquête. C’est en grande partie réussi, mais le manque de diversité dans les genres abordés par l’épisode se ressent.

Ainsi, il n’y a aucune scène d’action dans l’épisode. C’est un peu dommage, quoique compréhensible. Kôchi essaie de compenser en mettant en avant Ran, qui est au centre du filler. Cela fonctionne très bien avec les fans du personnage de Ran, mais relativement moins bien avec les autres spectateurs. Mais nous ne faisons là que critiquer l’épisode en surface, car, en réalité, l’épisode 19 est vastement supérieur à bien des fillers des épisodes 500 et 600.

L’intrigue de l’épisode est relativement simple, car l’on sait dès le départ l’identité de la coupable. Cette décision n’est pas mauvaise : le spectateur comprend immédiatement que l’intérêt de l’épisode résidera dans l’astuce utilisée par la meurtrière pour tuer la victime, plutôt que dans la recherche de l’identité du coupable. Nous préférons largement cela à une affaire bâclée avec trois suspects qui seront à peine traités pendant cinq minutes d’enquête. Déjà en 1996, Kazunari Kôchi sait faire les bons choix.

La résolution de l’affaire repose sur le twist final. Au début de l’épisode, Kogorô explique que la compagnie qui veut embaucher Ran a subi un revers récemment car un espionnage industriel a fait qu’une entreprise adverse a copié sur elle avant le défilé de mode qui devait consacrer Ashiya comme la reine de la mode japonaise. Il est révélé à la fin de l’épisode que le mobile du coupable était de se venger de la victime, sa secrétaire, qui était l’espionne industriel qui avait fait fuiter les créations artistiques de sa patronne.

Sur le plan de l’anecdote, nous pouvons remarquer trois choses.
Premièrement, l’épisode 19 est le premier à utiliser un ascenseur comme épicentre de son intrigue. C’est une tradition qui perdurera dans la série, et qui connaîtra sa consécration dans le cultissime épisode qui clôt le Retour dangereux.
Ensuite, notons que le doubleur Wataru Takagi joue un policier lambda en arrière-plan qui s’adresse à Megure. Le personnage de Takagi tel qu’on le connaît sera inventé dans quelques épisodes, nous reviendrons dessus.
Enfin, l’idée selon laquelle Ran pourrait être mannequin, si elle est apparue pour la première fois dans cet épisode filler non-canon, sera canonisée par Aoyama lui-même dans l’épisode 772.

III – Bilan

7/10. Un bon épisode, qui bénéficie d’une très bonne ambiance et d’un meurtre qui interroge. L’utilisation de l’ascenseur est assez bien trouvée, et les graphismes de l’épisode ne font que complimenter son bon scénario. Un épisode vivant, un épisode plaisant ; bref, un très bon filler.