Détective Conan épisode 811 : La Sombre préfecture de police

L’épisode 811 de Détective Conan est sorti le 5 mars 2016 et s’appelle « La Sombre préfecture de police ».
Il est tiré des files 915 et 916 des volumes 86 et 87, et est storyboardé par Nobuharu Kamanaka. Les directeurs d’animation sont Michitaka Yamamoto, Ryuta Imaizumi, et Juri Saito.

Yamato découvre le cadavre de son collègue Shôji Kano, pendu. La police arrive et dénoue la corde autour du cou de la victime. Des lignes de Yoshikawa sont présentes, ce qui signifie que la victime s’est débattue avant de mourir.

Alors qu’ils sont en train de discuter, le téléphone d’Akiyama sonne. Celui-ci devient tout gêné, et dit qu’il rentre chez lui pour se changer. Pendant ce temps, Yamato mène l’enquête de son côté, crispé après avoir été soupçonné par Kuroda et Morofushi.

Les policiers apprennent une heure plus tard qu’Akiyama a un comportement étrange, et qu’il a été vu en train de gravir la montagne. Tous décident de s’y rendre. Kogorô souhaite rentrer chez lui, mais Conan a disparu, se faufilant dans la voiture de Morofushi. Arrivés à la montagne, ils découvrent Akiyama, en pleurs, une corde autour du cou ; cette corde est reliée à une voiture qui se précipite dans un ravin, emportant avec elle Akiyama, dont le cou est violemment sectionné.

Les policiers trouvent son téléphone portable non loin de là, ainsi qu’un échange de SMS. Conan fait une déduction brillante, et Kuroda, en, l’appelant « le Puits de sagesse de Kogorô l’Endormi », lui dit qu’il est devenu célèbre au commissariat pour son intellect.


L’enquête continue, et Yamato envoie un SMS mystérieux à Morofushi, paraphrasant un célèbre poème japonais.

I – Graphiquement

A la première approche, nous avions été surpris par l’équipe d’animation. Il n’y avait non un, ni même deux directeurs de l’animation, mais trois, sur cet épisode. Nous en connaissons déjà un très bien, Michitaka Yamamoto, dont nous avons déjà fait la critique maintes fois. Il est associé à Imaizumi et Saito, deux nouveaux chefs d’animation, qui ne sont présents que depuis les épisodes 750 et quelques ; ils signent là leur sixième épisode et quelques. Parce qu’ils sont nouveaux, nous leur laissons encore une saison de chances avant de critiquer pleinement leur travail.

Ce que nous retenons de cet épisode, visuellement, c’est la faiblesse du design des personnages. Ils sont soit mal dessinés, soit dessinés de manière correcte, mais à peine. Il y a évidemment très peu de traits noirs, et rarement sent-on la patte de Seiji Muta, le grand maître de la série qui repasse parfois par-dessus les directeurs d’animation.

Au niveau du storyboard, il n’y a rien à redire. Kamanaka ne fait rien de transcendant (et c’est dommage, car il en a le talent), mais cela suffit amplement à adapter cette affaire. Le seul moment où son storyboard montre véritablement une faille, c’est lors de la scène de la mort d’Akiyama, sur laquelle nous allons revenir.

Très peu de modifications ont été faites par rapport au matériau original. La plus visible se situe lors la discussion entre Morofushi et le groupe Conan/Kogorô/Ran, assis sur un banc au commissariat de police. Conan y boit un jus de fruit assis, alors que dans le manga, il était debout, et sans jus de fruit. Pourquoi un tel ajout ? Que cela change-t-il à la scène ? Nous ne le saurons probablement jamais, car ces petites discussions restent cloisonnées au sein de l’équipe de production. Quoiqu’il en soit, cet ajout ne change strictement rien à l’épisode.

II – Scénaristiquement

Sur le plan scénaristique, l’épisode est une réussite. Pas la réussite du siècle, ni même celle de la saison, mais clairement, c’est un épisode qui a demandé à Aoyama de la réflexion et un effort de mise en scène. Cela est plus qu’appréciable.

Il est intéressant de constater que Yamato est soupçonné dans l’épisode. Le personnage a toujours été quelque peu ambigu – pas totalement « blanc » comme beaucoup des policiers qui se positionnent résolument du côté de la Justice et du Bien, mais pas « noir » non plus comme un méchant. Le fait qu’il soit un peu rebelle et un peu gris est bien exploité, car il est soupçonné pour son caractère étrange et ses liens avec Takeda tout au long de l’épisode.

En termes de trame principale, on se rend compte que Conan est dans une mauvaise passe. Kuroda semble savoir qu’il est derrière Kogorô l’Endormi, car il le qualifie de « puits de sagesse de Kogorô l’Endormi » ; il lui dit qu’il est au courant de sa réputation car celle-ci le précède au commissariat de police. Autrement dit, comme nous l’avions prévu dans une KudoAnalyse vers la fin de l’Arc de Bourbon, le fait que Conan soit trop en « God mode », qu’il ne se cache plus, bref, qu’il ait pris de l’assurance depuis le début de la série et ne fasse plus d’efforts pour cacher son identité, lui retombe dessus.

S’il y a une chose d’éminemment critiquable dans l’épisode, c’est la mise en scène de la chute d’Akiyama. Aoyama avait réussi à la rendre énorme ; il l’avait rendue sanglante et prenante. Là, la chute est ratée. Afin de ne pas choquer l’audience, l’équipe de direction a décidé d’imposer une censure forte : si l’on voit bien les vêtements d’Akiyama sur le dessus d’un arbre, on ne voit pas le corps qui est censé être dans ces vêtements. Dans le manga, on voyait pourtant le cadavre avec ses vêtements, et le cou tranché. Inutile de mentionner le fait que l’on ne voit pas le moment où le cou est sectionné. C’est une franche déception, car la scène avait été un des meilleurs moments de l’affaire dans le manga.

III – Bilan

7,5/10. Une affaire qui continue de plaire, mais qui est entachée par une mauvaise direction artistique et par un mauvais storyboarding sur la scène la plus attendue de l’épisode.