Détective Conan épisode 889 : La Nouvelle maîtresse et le squelette (Première partie)

L’épisode 889 de Détective Conan est sorti le 20 janvier 2018 et s’appelle « L’Affaire du squelette de la nouvelle maîtresse ».
Il est tiré des files 966 et 967 du volume 91, et est storyboardé par Umesaburô Sagawa et Yasuichiro Yamamoto. La directrice de l’animation est Asuka Tsubuki.


Ayumi, Genta et Mitsuhiko accueillent Haibara et Conan à Teitan avec des questions concernant la précédente affaire avec Kid. Alors qu’ils sont en train de discuter, la maîtresse, Kobayashi, fait entrer dans la salle une nouvelle maîtresse. Elle se présente, et dit être Rumi Wakasa, de dix ans l’aînée de Mme. Kobayashi, et qui sera la professeur assistante de la classe. Conan remarque qu’il est étrange qu’une professeur assistante intègre une classe si tard dans l’année, mais Haibara argumente que c’est probablement dû à l’arrivée de nouveaux élèves en cours de route.

La nouvelle maîtresse est très maladroite, et très peureuse. A la pause déjeuner, elle demande aux DB de l’accompagner chercher de la craie dans le vieil entrepôt désaffecté au fond d’une cour de Teitan. Conan, en y entrant, se rappelle vaguement de quelque chose : il y a dix ans, quand Ran l’y avait emmené, un homme louche lui avait dit de ne pas entrer. Conan trouve un long ruban de papier avec des caractères inconnus écrits dessus. Une fois dans l’entrepôt, les DB trouvent une porte au sol qui mène à un caveau. Ils l’ouvrent, et trouvent un cadavre, qui se trouve là depuis une dizaine d’années.

La police est appelée, et le directeur fait savoir à Mme. Kobayashi que la dernière fois que la police était venue, c’était il y a dix ans, lorsque des lingots d’or avaient été volés une nuit et que le voisinage avait vu des personnes étranges entrer dans Teitan.
Conan continue de réfléchir pendant les cours. Selon lui, le ruban de papier est un bâton de Plutarque, aussi appelé « scytale ». C’est une technique spartiate qui permet d’écrire un message qui ne veut rien dire lorsqu’il est déroulé, mais qui prend tout son sens une fois enroulé autour d’un cylindre. Mais le message ne veut toujours rien dire.

Alors, Conan se rappelle qu’Ayumi a trouvé un emploi du temps étrange dans l’entrepôt, avec des croix à certains endroits. Conan a une idée : appliquer les signes sur le ruban à cet emploi du temps, dans les cases dédiées, avant de découvrir le message caché.

I – Graphiquement

L’épisode est, sur le plan graphique, une réussite. La directrice de l’animation, Asuka Tsubuki, est une recrue récente de l’équipe de production : son premier épisode, le 762, avait été une collaboration avec d’autres directeurs d’animation. Cette fois, elle exprime son plein potentiel en étant seule maître à bord, et l’épisode rend bien.

Son dessin est beau et correspond à la série, et ses animations sont fluides. Les visages des personnages ne choquent jamais. S’ils sont parfois simplement passables, la plupart des plans n’ont pas à rougir face à ce que pourrait faire un Kawamura. Son style de dessin est même supérieur à celui de Keiko Sasaki (voir l’épisode précédent), qui avait tendance à trop écraser les visages. On est donc content de constater que Détective Conan a encore de beaux jours devant lui ; la décadence graphique ne sera pas pour demain.


L'épisode contient quelques scènes magnifiques

Ceci étant dit, le regret que l’on peut avoir concerne Rumi Wakasa. Nouveau personnage, introduite dans cet épisode, on aurait espéré que ce soient des animateurs qui savent faire des traits noirs qui s’occupent d’elle. Là, non : comme elle est nouvelle, Tsubuki n’a pas eu le temps de s’entraîner à la dessiner, et donc son design est, parfois, un peu vivotant. Rien de bien grave cependant, on n’attend pas les niveaux de mocheté des premières apparitions de Shûichi Akai et de Masumi Sera.

Le storyboard aussi est de bonne facture. Plans qui bougent, coupes différentes, la mise en scène est sympathique et le storyboard se fait parfois remarquer pour ses bonnes idées. Rien d’exceptionnel une fois de plus, mais il est difficile de faire dans l’exceptionnel pour un animé comme Détective Conan. Mais on reconnaît bien le niveau et le talent des deux storyboardeurs, Sagawa et Yamamoto, qui sont deux pontes de la série.

En termes de couleurs, la déception est là. C’est le terrible retour des couleurs flashies et fluo qui plombent le design de certains personnages, et donnent un côté très « cheap » à la série. S’il est vrai que l’équipe de production de l’animé doit faire beaucoup avec peu de moyens, deux stratégies très simples pourraient être utilisées pour enlever immédiatement l’aspect « bas de gamme » à la série : utiliser le storyboard de sorte à ce que les plans en traits noirs soient plus présents et réguliers, et changer la palette de couleurs pour des couleurs moins flashies et plus froides. Le storyboard est ici bien utilisé, mais pas les scènes en traits noirs.

Les personnages sortent parfois trop du décor. Mais ce n’est ni constant, ni trop dérangeant ; seuls quelques plans subissent cela, et ils disparaissent rapidement. On n’obtient donc pas le niveau de maîtrise graphique du prochain épisode où Rumi Wakasa apparaîtra, mais ça reste de la très bonne qualité.

II – Scénaristiquement

Si l’affaire précédente était un peu faible, quoique dans la moyenne pour une affaire de Kaitô Kid, cette affaire-ci nous montre ce que Gôshô a encore en lui de génie créatif. L’épisode est bien mené et intéressant, et l’idée d’explorer le passé de Teitan est très bonne. Cela fait plaisir, parfois, d’avoir une affaire où l’on peut voir la « vie de tous les jours » de Conan à l’intérieur de son école avec Haibara.

Le personnage de Rumi Wakasa est très bien amené, et grâce à de subtiles indices, on comprend bien vite qu’elle n’est pas la maladroite pour laquelle elle veut passer. Elle maîtrise très bien sa partition, distille les indices, enquête de façon précautionneuse, et rassemble des informations concernant Conan. Et quelles informations ! En un épisode, Conan a laissé transparaître deux fois qu’il est plus vieux que son véritable âge, en citant le discours d’accueil du directeur de Teitan et en parlant de ce qu’il se passait à l’école il y a dix ans. A cause d’Ayumi, Rumi a même pris connaissance de la qualité des gadgets des Detective Boys, sujet déjà abordé précédemment par Bourbon, dans Scarlet Showdown. Les capacités des gadgets de Conan deviennent donc connues petit à petit par de plus en plus de personnages menaçants.

En termes de trame, il est très appréciable que l’affaire est la suite quasi directe de l’affaire précédente. C’est là quelque chose qui manque beaucoup trop à la série, et que nous nous efforçons de souligner : il n’y a pas assez de continuité entre les affaires, ce qui donne la désagréable impression aux spectateurs de faire du surplace. En citant une affaire précédente au début ou au milieu d’une nouvelle affaire, un sentiment de connectivité se créée, et on a vraiment l’impression de regarder une série, et non juste des affaires sans lien entre elles. Aoyama refait le même coup un peu plus loin, lorsque Genta dit qu’il aimerait que Kid se déguise en lui, et que Conan pense : « Mais il l’a déjà fait… », faisant là référence à l’affaire de la corne de Korin.

Cette bonne idée est d’ailleurs mise en valeur par Sagawa et Yamamoto, les organiseurs de la série. Rappelons que les organiseurs sont ceux qui, lorsque les affaires sont tirées du manga, ont pour tâche d’écrire le script de l’épisode, en adaptant les chapitres originaux du manga au format animé. C’est donc eux qui peuvent faire des petites modifications peu visibles à l’œil du profane, mais qui rajoutent une plus-value à l’animé. Les changements opérés par Sagawa et Yamamoto sont bien choisis : au début de l’épisode, on voit comment Conan et Haibara ont été accueillis et bombardés de questions par les Detective Boys, alors que le début dans le manga est un peu trop abrupt. Ils ont aussi fait finir l’épisode sur un cliffhanger, et ont rajouté une scène, à la fin, où l’on voit la mystérieuse Rumi Wakasa marcher dans un couloir lugubre de Teitan, créant une aura particulière au personnage. Ce sont des bonnes idées comme cela qui font de Détective Conan un animé génial.

Le diable est cependant dans les détails. Lors d’une scène dans la salle de classe, on peut voir, dans le fond, des feuilles collées au mur qui représentent chaque mois de l’année, avec le nom des élèves de la classe nés ce mois-là. Sur la feuille de mai, le seul nom écrit est « Kazuma-kun ». Or, Conan aussi, est né en mai. Il y a donc eu un petit oubli de la part de l’équipe de production. Mais cela n’est pas grave en soi, car on peut au moins souligner l’attention et les efforts qui ont été mis dans la décoration de la salle de classe. Les équipes de production graphique de l’animé ont tendance à ne pas décorer les pièces, les rendant désespérément vides et sans vie, comme c’était le cas lors de Scarlet Showdown dans la maison des Kudô. Là, un réel effort a été fait.

Enfin, l’épisode marque le retour de Shiratori, qui est, depuis quelques années, condamné à n’apparaître que dans une affaire par an. Etonnamment, les trois dernières affaires dans lesquelles il est apparu ont toutes été diffusées en janvier (847/848 ; 804/805 ; 681/682/683). Ce manque d’apparition de Shiratori a comme conséquence l’incapacité du doubleur de Shiratori à rejouer son personnage. Les quelques lignes qu’il a dans l’épisode ne sont pas jouées avec la même intonation que lors de ses précédentes apparitions, ce qui laisse penser que le doubleur a oublié comment jouer son personnage.

L’affaire en soi est plutôt intéressante, même si elle repose sur un code en japonais impossible à déchiffrer pour les spectateurs occidentaux. On admire tout de même l’inventivité d’Aoyama, qui réussit à nous intriguer avec quelque chose d’aussi banal qu’un code sur un ruban de papier et une nouvelle maîtresse maladroite.

III – Bilan

Pour un épisode à la qualité graphique indéniable et à l’histoire intéressante, avec en prime des petits bouts de trame et des jolies scènes en traits noirs, l’épisode mérite un 7,75/10. Un épisode à voir pour sa culture de Conan-patriote, car il présente un des trois suspects de l'Arc de Rum.

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