Détective Conan épisode 895 : Le numéro de déduction du détective de style Edo au rez de chaussée

L’épisode 895 de Détective Conan est sorti le 10 mars 2018 et s’appelle « Le numéro de déduction du détective de style Edo au rez de chaussée, Partie 2 ».
Il est tiré des files 975 à 977 du volume 92, et est storyboardé par Okuwaki Masaharu. Les directrices de l’animation sont Yui Ushinohama, Chie Morishita (assistante), Kanako Baba et Aya Sasaki.


L’épisode reprend là où le précédent s'était arrêté. Conan commence son enquête en réfléchissant à l’ordre d’arrivée et à ce qui a été commandé par chacun des clients.
Alors qu’il est encore bloqué, Wakita Kanenori dit qu’il a résolu l’affaire, et propose à Kogorô de faire son numéro de déduction. Mais Kogorô n’a pas encore trouvé, et laisse faire Wakita.

Seulement, le cuisinier se trompe dans sa déduction : si le gingembre permet bien de nettoyer le sang, il laisse des taches ; or, il n’y a pas de tache sur les chemises des suspects. Conan endort alors Kogorô, qui tombe la tête la première sur la table. Il réussit à réorganiser ses bras, sort son nœud-papillon, et explique sa déduction.

Le coupable était l’homme qui avait rendez-vous avec ses beaux-parents au restaurant Arsène. Il avait volé le ticket pour obtenir de l’argent.
Kogorô se réveille, et Wakita lui demande d’être son apprenti. En échange, il aura droit à des réductions sur les sushis du restaurant.

I – Graphiquement

L’épisode est en-deçà de l’épisode précédent. Le 894 avait un design et une esthétique admirables ; on se sentait dans Conan, et plus encore, il n’y avait quasiment aucun accident : les visages n’étaient trop carrés que dans quelques plans, mais globalement, l’épisode était beau.

Ce n’est là pas autant le cas. Toutes les animations et les personnages ont l’air artificiels, mal dessinés. Les personnages sortent du décor, créant un contraste entre la qualité des décors, toujours bonne, et la qualité des dessins. Le rendu final est bien moins plaisant à regarder que l’épisode précédent et l’épisode suivant, quand bien-même il y a quelques scènes où la combinaison entre un excellent storyboard et des traits noirs font fureur.


Une des rares scènes véritablement jolies de l'épisode est celle où Kogorô se rend compte qu'il peut être accusé de vol

Ceci est d’autant plus frustrant que l’épisode précédent réussissait à avoir une qualité supérieure avec qu’un seul animateur en chef, Keiko Sasaki. L’épisode 895, lui, a nécessité quatre cheffes d’animation : Yui Ushinohama, Chie Morishita (assistante), Kanako Baba et Aya Sasaki. Ushinohama est celle qui a le plus d’expérience, elle doit donc être responsable des scènes les plus belles. Sur les autres scènes, on retrouve le style hasardeux de Morishita, Baba et Aya Sasaki, que nous avions déjà pu voir dans l’épisode 887, Kaitô Kid et la boîte piégée.  C’est bien dommage, car le scénario de l’épisode étant assez ronflant, la direction artistique de Keiko Sasaki mêlée au storyboard d’Okuwaki aurait été très appréciée.

Le storyboardeur et organiseur de l’épisode est le même que celui de l’épisode précédent, à savoir Masaharu Okuwaki. Et comme toujours, il fait du très bon travail : des plans mouvants, peu de plans statiques, des plans originaux, c’est du très bon. On ne peut que souligner l’importance des bons storyboards : c’est grâce à eux qu’une scène devient intéressante à regarder.
En tant qu’organiseur, Okuwaki est bien plus retiré que dans l’épisode précédent. Alors que dans le 894, il avait rajouté quelques petites répliques et étendu ce qu’Aoyama avait dessiné, là, tout est conforme au manga. Il se donne la petite (mais très bonne) liberté d’étendre la scène où Conan endort Kogorô : alors que dans le manga, on voit juste les bras de Conan dépasser de la table pour placer le menton de Kogorô sur sa paume, l’animé développe la scène en montrant Conan sous la table.


II – Scénaristiquement

L’épisode est plat, et plus encore que l’épisode précédent. Le 894 bénéficiait de son statut de première partie. En tant que première partie, il nous montrait dans les premières minutes de l’épisode la vie quotidienne de Kogorô, Conan et Ran ; cet aspect « tranche de vie » était appréciable, et donnait une plus-value à un épisode à l’affaire plutôt banale, pour ne pas dire franchement ennuyante. Là, rien ne sauve l'épisode, si ce n’est la présence de Wakita Kanenori que l’on aimerait plus voir à l’action dans les prochaines affaires.

L'enquête en elle-même n’est pas très intéressante. Le murder trick est intéressant, mais il aurait bien mieux fait de s’inscrire dans une affaire plus vaste, car là, on ne sait aucune tension dramatique dans l’histoire. On en vient à se demander pourquoi Aoyama ne fait pas des affaires plus longues, avec un ou deux meurtres, et dans lesquelles il pourrait caser ces petits stratagèmes à base de réactions chimiques.

Evidemment, après 900 épisodes et plus de 970 chapitres, que l’épisode ait un scénario plat n’est pas une honte. C’est déjà exceptionnel qu’Aoyama ait pu scénariser une série aussi longue. Cependant, force est de constater que des affaires précédentes se déroulant dans un restaurant, comme les deux affaires « Des ramens si bon qu’on en mourrait » (épisodes 644/645 et 827/828), réussissaient à être plus intéressantes. Nous avons donc là une des pires affaires de l’Arc de Rum, alors que cet arc comporte majoritairement des bonnes affaires.

Cette affaire était l’introduction d’un des trois suspects de l’Arc de Rum, avec Rumi Wakasa et Hyôe Kuroda. C’est aussi la pire affaire d’introduction des suspects de l’Arc de Rumi : l’affaire de Kawanakajima avait réussi à donner une dimension exceptionnelle à Hyôe Kuroda et l’affaire de la cabane de Teitan avait rendu Rumi Wakasa intrigante et intéressante. Là, on ne retient rien de Wakita.
Ces épisodes introductifs font d’autant plus pitié lorsqu’on les compare avec les affaires introductives de l’Arc de Bourbon, qui est pourtant loin d’être le meilleur arc de la série. L’affaire introductive de Subaru, de Tôru et de Masumi sont restées gravés dans nos mémoires. Ce ne sera pas le cas de celle de Wakita Kanenori.


De tous les "suspects principaux" depuis l'Arc de Bourbon (Subaru, Masumi, Tôru, Hyôe, Rumi et lui), Wakita a la pire introduction : inutile, plate, banale


III – Bilan

Un épisode assez mal dessiné, avec une histoire banale et assez peu intéressante. Aoyama n’était pas au sommet de son art dans cette affaire, et cela se ressent : en tant qu’affaire introductive d’un des suspects de l’Arc de Rum, on est en droit d’être déçu par la banalité du personnage. La musique sauve un peu le tout, mais ne puise pas assez dans les vieilles pistes sonores pour permettre le maquillage des dessins trop anguleux. 6/10. A voir pour sa culture de Conan-patriote parce que Wakita Kanenori est présenté ; mais à part les cinq dernières minutes de l’épisode, rien d’intéressant.

Lire la critique de l'épisode 894

Lire la critique de l'épisode 896


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