Détective Conan épisode 959 : Le Caniche et l'arme à feu

L’épisode 959 de Détective Conan est sorti le 16 novembre 2019 et s’appelle « Le Caniche et l’arme à feu ».
Il est scénarisé par Toshimichi Ôkawa, et est storyboardé par Masaharu Ôkuwaki. Les superviseurs d’animation sont Masatomo Sudo, Seiji Muta et Nobuyuki Iwai, et le directeur d’animation est Kenichi Ôtomo.


Conan et Kogorô sont appelés par la police. Hyôdo, qui était le suspect principal dans l’affaire du meurtre d’Anna Hinomiya, est retrouvé mort près du port. Les médecin-légistes trouvent une cape noire non loin de là – la cape qui a servi au coupable à se cacher le visage lorsqu’il a tué à bout portant Anna.

Alors que la police et les détectives mènent leur enquête, Sally-chan, le chien d’Anna, arrive en courant vers Conan et lui apporte une serviette. Conan comprend qui est le coupable et comment il a perpétré son crime.

Le petit détective endort Kogorô et résout l’affaire. Enami, la secrétaire, est la coupable. Elle s’empare du fusil qui a servi à commettre le meurtre et menace les policiers présents. Seulement, Megure a fait retirer les munitions du fusil. Enami se rend.

I – Graphiquement

L’épisode 959 est, graphiquement, un assez bon épisode. Il n’est pas exceptionnel, mais il reste satisfaisant. Le directeur d’animation, Kenichi Ôtomo, remplit assez bien le cahier des charges. Avec sa patte graphique distinctive, il anime de manière correcte les personnages, et rarement le visage des protagonistes sont mal dessinés.

Ce que l’on apprécie, et on en a parlé dans les critiques précédentes, c’est cette petite révolution silencieuse qui a eu lieu dans l’animé Détective Conan récemment : Nobuyuki Iwai a été promu superviseur d’animation. Cela signifie qu’il a comme travail de passer derrière le ou les directeurs d’animation, de corriger certains plans, et d’en dessiner d’autres. Depuis qu’Iwai a été promu, les épisodes de Détective Conan ont beaucoup plus de plans en traits noirs qu’avant – leur nombre a presque doublé. Les plans en traits noirs étant beaux et donnant un aspect très « manga » aux scènes qui en bénéficient, nous ne pouvons qu’espérer qu’Iwai reste sur la série.

Ce qui est critiquable, cependant, c’est le storyboard. Masaharu Ôkuwaki a été connu, par le passé, comme une star montante de la série. Il est, à vrai dire, l’un de ses meilleurs storyboardeurs, avec son confrère Atsuko Kase. Cependant, cet épisode est un échec en tout ce qui concerne le storyboard. Mal géré, certains plans fixes durent bien trop longtemps. On a l’impression que l’épisode a subi une coupe de budget, et qu’il a fallu trouver des moyens d’économiser des sous ici et là. On a ainsi des plans qui sont réutilisés tels quels pendant plusieurs longues dizaines de secondes.

Même si cela n’est pas graphique, remarquons que l’épisode bénéficie de certaines OST qui datent des premières saisons de la série. Cela est quelque chose de positif, car on sait que l’OST des premières saisons était d’une qualité incomparable avec celles qui ont suivi.

II – Scénaristiquement

Toshimichi Ôkawa est capable du meilleur comme du pire. Ici, nous sommes sur du pire. Ôkawa n’a pas écrit un mauvais scénario en soi. Rien n’est totalement stupide, rien n’est risible. Mais alors que chez des piètres scénaristes comme Nobuo Ôgizawa, quelques rires nous permettent de patienter pendant les 24 minutes que l’épisode se finisse, autant cet épisode-ci n’a rien pour lui.

L’épisode précédent nous promettait une affaire intéressante, avec un double-meurtre, une séquestration, et un meurtre mémorable. Cet épisode-ci s’écroule, comme si Ôkawa avait perdu tout son talent entre les deux. C’est d’autant plus dommage que le meurtre au début de l’épisode précédent était réellement réussi – c’est peut-être une des scènes de meurtre les plus mémorables de ces dernières saisons. Cette suite ne lui rend en rien hommage.

Le scénariste est lent et mal rythmé ; et lorsqu’il ne l’est pas, Ôkawa échoue. A la fin de l’épisode, Enami, la coupable, s’empire du fusil et menace de tirer sur Megure. La tension dramatique de l’épisode augmente enfin, et on attend que quelque chose d’important se passe. Mais non : il n’y a plus de balles dans le fusil. La coupable est donc une ratée, du début jusqu’à la fin.

Nous devons faire une mention spéciale à la manière dont Conan résout l’affaire. Alors qu’il bloque sur l’identité du coupable, le chien d’Anna accourt vers lui et lui apporte un indice. Détective Conan n’est pas sensé être réaliste à proprement parler, mais les scénaristes devraient tout de même faire des efforts pour ne pas montrer l’étendue de leur incapacité à bien ficeler une affaire policière.

Pour finir, remarquons qu’encore une fois Ran est mal utilisée. Ce personnage a tant de potentiel qu’il est douloureux de la voir être mise de côté et rabaissée à un rôle plus que subalterne. Si un scénariste de filler arrive à donner autant de lignes de dialogue à Kogorô qu’à Conan, il devrait bien réussir à écrire des fillers où Ran est partie prenante.

III – Bilan

6/10. Un goût amer pour le spectateur qui a apprécié l’épisode précédent, plein de promesses et d’espoir. Toshimichi Ôkawa échoue dans son retour à la série, alors que l’épisode 958 était plein de bonnes idées. Espérons qu’il fasse mieux la prochaine fois.