Détective Conan épisode 899 : Le cri du véritable coupable

L’épisode 899 de Détective Conan est sorti le 28 avril 2018 et s’appelle « Le grand cri du véritable coupable ».
Il est scénarisé par Yûko Okabe.

Un soir, Kogorô et Conan sortent pour aller manger au café Poirot. Seulement, le café Poirot étant fermé, ils errent dans Beika pour trouver un restaurant.
Au même moment, une femme (Ayano Saeki) se rend chez son amie (Mifuyu Morita), et la trouve allongée au sol, du sang sur elle, un couteau ensanglantée à ses côtés. Elle entend un bruit sur la terrasse. « Fuis », lui dit son amie. Ayano s’exécute, et court jusqu’à chez elle.

Mais sur son passage, elle rencontre Kogorô et Conan. Kogorô remarque qu’elle a du sang sur l’épaule, et lui demande ce qu’il se passe. Ayano leur explique, et ils se rendent rapidement chez Mifuyu. Seulement, si le couteau est encore là, le corps a disparu.
Sur le meuble de la terrasse, Conan trouve des traces de pain, alors qu'Ayano avait entendu le coupable s'échapper par la terrasse.
Ayano explique que Mifuyu comptait ouvrir une boulangerie à Paris, et que son petit-ami lui avait promis de lui prêter de l’argent. Megure, Takagi, Kogorô, Conan et Ayano se rendent chez le petit-ami, mais celui-ci est aussi mort, à cause d’un empoisonnement.
Sur la table de la nouvelle victime se trouve une feuille, qui dit : « Je vais rejoindre Mifuyu ». Suicide ? Conan ne pense pas. Après avoir enquêté dans la maison du petit-ami, il se rend compte qu’une femme était là (grâce au rouge à lèvres sur le dos de l’éponge).


Pourtant, la police est persuadée que la victime a été transportée dans une des valises du petit-ami. Ils n’y trouvent rien. Où son corps est-il passé ?
Conan déduit que la première victime a fait semblant d’avoir été poignardée. Il regarde le calendrier du petit-ami, et voit, à la date du jour, « Paris 293 ». Il comprend que la coupable compte s’enfuir à Paris en avion pour ne plus être trouvable.
Conan, avec l’aide de Kogorô et de la police, réussit à retrouver la coupable dans le hall de l’aéroport de Tôkyô.

I – Graphiquement

Les dessins du filler ne sont pas mauvais. Ils ne sont pas bons non plus, certes, mais jamais nous n’avons de dessin à vomir. Les personnages que l’on connaît sont bien dessinés, même s’ils ne ressemblent pas exactement à leur modèle. Rien de choquant néanmoins.

Ce que l’on remarque avec beaucoup plus d’admiration, cependant, c’est le storyboard. Le storyboardeur est Masaharu Okuwaki. Le storyboardeur étant responsable de la façon dont se déroulent les scènes, des point de vues, de la « caméra » si vous préférez, c’est à lui que l’on doit la beauté de la mise en scène de l’épisode. Etant un vétéran (il est né en 1958), il a storyboardé plusieurs animés Lupin III. Il sait s’y prendre, et cela se voit : alors que la plupart des fillers ont un storyboard basique et nul avec des plans latéraux fixes, cet épisode alterne entre des prises de vue du plafond, du sol, vues de trois quarts, plans américains, etc..
Aussi, lorsque la victime entre dans la pièce, la caméra tremblote : c’est la technique de la « shaky cam ». Elle rend très bien cette impression d’affolement, de course, de tremblement. Les zooms et dézooms de la caméra sur la vitre de la terrasse puis sur la victime sont des très bons exemples de la cinématographie de l’épisode.

Un excellent storyboarding


Les décors sont agréables. Un des problèmes que nous avons souvent avec la série animée Détective Conan est que, du fait du petit budget de la production, on peut clairement distinguer les personnages des décors, on peut voir que les personnages dessinés qui se meuvent sont comme détachés du décor. Or, dans cet épisode, l’animation et les couleurs sont assez bonnes pour que les personnages soient totalement intégrés dans le décor.
Comme le scénario est bien écrit, on a droit à différents décors et effets de lumière, dont un superbe coucher de soleil sur les toits de Beika. C’est visuellement beau, et mérite d’être regardé en 1080p.

Ce qui ne passe pas du tout, cependant, c’est le sang noir. Les graphistes de l’animé n’y peuvent rien, car c’est un ordre de la part du comité de production. Mais ça fait tâche dans un épisode qui, graphiquement, est pas mal du tout.

Le problème majeur de l’épisode est donc son absence de scènes avec des traits noirs. On a un ou deux plans avec des traits noirs, mais c’est tout. C’est bien dommage.

II – Scénaristiquement

Le scénario est écrit par Yûko Okabe. Cette scénariste, très jeune si on la compare aux autres scénaristes de la série, est une fan de Détective Conan. Sur son blog où elle raconte des petits bouts de sa vie, elle décrit une journée de 2009 où, « pour une fois », elle ne s’est pas couchée à minuit pour finir un script, et le lendemain, après avoir déposé au studio de production le scénario d’un épisode de Doraemon, est vite repartie chez elle pour regarder Conan à 18:00. C’est donc une véritable fan, au même titre que Kôchi.

Et en tant que fan, Okabe comprend les dynamiques des personnages. Alors que la plupart des scénaristes des fillers ont juste vu les cinq premiers épisodes de la série et croient toujours que Kogorô n’écoute jamais Conan, Okabe a bien compris que la relation entre Kogorô et Conan s’était réchauffée depuis l’épisode 1, et était devenue plus amicale. Ainsi, lorsque Conan parle à Kogorô dans le film, il l’écoute – même s’il l’a réprimandé quelques minutes auparavant. Les bons scénaristes respectent et restent cohérents avec l’œuvre originale.
Ce qui montre aussi comment elle connaît la série, c’est la raison pour laquelle Kogorô et Conan vont chercher un restaurant dans le centre-ville. Les scénaristes de fillers basiques auront dit : parce qu’ils ont faim. Le bon scénariste de filler, et Okabe en est une, dit : parce que le café Poirot est fermé. Ca ne modifie qu’une réplique, mais ça change tout : avec ce filler, on a vraiment l’impression d’être dans l’univers de Conan.

Il est d’autant plus intéressant de remarquer qu’Okabe est une scénariste récente. Le premier épisode qu’elle a scénarisé de Conan était l’épisode 360, qui était fort mauvais. Elle s’est donc améliorée avec le temps, car l’épisode 899 est son deuxième épisode. Nous ne pouvons qu’espérer qu’elle en écrive d’autres.

Là où l’épisode pêche, cependant, c’est dans la facilité de son scénario. La meurtrière est facilement devinable, son mobile aussi. Heureusement, on réussit à oublier cela grâce au fait que le filler prend des risques, il sort de l’ordinaire : on visite la maison de l’autre victime, on va à l’aéroport, on a une vue aérienne de Paris… la facilité du crime est pardonnée.

Chose intelligente de la part d’Okabe, le filler ne s’encombre pas avec d’innombrables personnages inutiles. Elle ne fait pas intervenir Ran, alors que beaucoup de scénaristes de fillers l’auraient incluse dans l’épisode. Pourquoi ne la fait-elle pas apparaître ? Parce qu’elle n’aurait rien apporté à l’épisode, tout simplement. Et c’est bien vu de la part d’Okabe, qui semble savoir bien manier les personnages.

Enfin, et cela fait bien plaisir, lorsque Conan arrête le coupable et qu’elle lui demande qui il est, il répond « Conan Edogawa… détective ! », ce qui montre une fois de plus comment la scénariste connaît bien la série. Malheureusement, l’ingénieur du son de l’épisode n’a pas jugé utile de lancer le thème que l’on entendait dans les premiers épisodes de la série lorsque Conan disait cela.

III – Bilan

Pour faire un bilan de l’épisode, on peut dire qu’il est bon, voire très bon pour un filler. Graphiquement, il remplit son contrat, et va même plus loin grâce au très bon storyboardeur qui donne un rendu professionnel aux plans de l’épisode. Combinant cela avec une scénariste de qualité qui délivre son deuxième script pour la franchise, on se retrouve avec un épisode qui ne surprend pas, mais qui plaît ; un épisode agréable, qui s’insère parfaitement dans la série Détective Conan grâce à quatre éléments plaisants : le fait que Kogorô et Conan cherchent un restaurant parce que le café Poirot est fermé ; le fait que le filler montre bien comment la relation entre Kogorô et Conan n’est plus la même qu’avant ; le fait que le filler rappelle la belle époque où Conan finissait par « Conan Edogawa, détective. » ; le fait que la toute fin de l’épisode, où des fans de Kogorô le remarquent dans la rue et vont manger avec lui, nous immerge encore plus dans la série.

Note : 7,5/10.


N.B. : Les fans japonais ont beaucoup aimé le scénario de l’épisode et ont acclamé Yûko Okabe sur Twitter et 2ch. Espérons que cela motive le comité de production de l’animé à la réembaucher.

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